ALGÉRIE
24/10/2018 13h:51 CET

Khashoggi: Londres révoque les visas des suspects du meurtre

Ryad soutient désormais que le journaliste a été tué au cours d'une opération "non autorisée" dont le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit "MBS", n'était pas informé

Barcroft Media via Getty Images

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi l’annulation des visas éventuellement détenus par les suspects du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

“Le ministre de l’Intérieur prend les mesures nécessaires pour empêcher les suspects d’entrer au Royaume-Uni”, a affirmé Mme May devant le Parlement. “Si ces individus disposent de visas, ces visas seront révoqués aujourd’hui”, a-t-elle ajouté, précisant qu’elle parlerait “dans la journée” avec le roi Salmane d’Arabie Saoudite. 

Interrogée sur les ventes d’armes britanniques au régime saoudien, la dirigeante a répondu que la politique d’exportations était “en cours d’examen”, et que les contrôles effectués sur le matériel de défense exporté étaient “parmi les plus stricts au monde”.

Theresa May a une nouvelle fois réfuté l’explication donnée par le pouvoir saoudien sur la mort du journaliste de 59 ans, tué le 2 octobre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. 

“L’affirmation selon laquelle M. Khashoggi est décédé au cours d’une bagarre ne constitue pas une explication crédible, il est donc urgent d’établir ce qui s’est passé à cet égard”, a-t-elle martelé.

Mardi, les États-Unis avaient pris une décision similaire visant 21 personnes qui se voient révoquer leur visa ou deviennent inéligibles à de futurs visas.

“Ces sanctions ne seront pas les dernières de la part des États-Unis dans cette affaire”, avait prévenu le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Après avoir nié la mort du journaliste, le gouvernement saoudien a fini par la reconnaître en avançant plusieurs versions contradictoires, évoquant notamment une “rixe” ayant mal tourné.

Ryad soutient désormais que le journaliste a été tué au cours d’une opération “non autorisée” dont le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit “MBS”, n’était pas informé.