ALGÉRIE
12/09/2019 15h:00 CET | Actualisé 12/09/2019 15h:55 CET

Karim Tabou placé en détention provisoire

Karim Tabbou, coordinateur national de l’Union démocratique et social (UDS) a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa pour “atteinte au moral des troupes” de l’armée, selon l’article 75 du code pénal, jeudi 12 septembre 2019, a-t-on appris auprès de Noureddine Ahmine, l’un de ses avocats. 

“On lui reproche certaines déclarations effectuées le 08 mai 2019, à Kherrata, entre autres,” a rajouté le même avocat, qui fait savoir que la Défense a introduit un appel sur cette décision. 

Karim Tabou avait déclaré que “le chef d’Etat-major souhaite fermer le jeu”, rajoutant que “l’article 28 de la Constitution, celle-là même qu’il veut appliquer contre nous, établit, avec clarté, les prérogatives du chef d’Etat-major”. “Même le code militaire, dans son ensemble, montre clairement les principales tâches de l’institution militaire”.

Le coordinateur national de l’UDS, parti non agréé et ex- Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), a été présenté plus tôt devant le procureur près le même tribunal. Il a été arrêté mercredi devant son domicile à Douéra, Alger.

Un communiqué publié sur la page Facebook de l’UDS indique que selon sa famille Karim Tabou, a été “arrêté ce mercredi 11 septembre devant son domicile par des hommes en tenue civile qui se sont présentés comme de la sûreté. Ils ont déclaré à son épouse qu’il reviendra à la maison dans deux heures”. Jusqu’à cette heure, précise le communiqué” et depuis 13 heures, il n’a pas été libéré et nous ne savons pas où il se trouve”.

 

Karim Tabou a été très actif depuis le début du Hirak le 22 février et très critique à l’égard du pouvoir. Son arrestation intervient alors que le pouvoir met les bouchées doubles pour aller vers la tenue d’élections présidentielles dont il était un des opposants. 

Son arrestation a suscité un tollé chez plusieurs partis politiques de l’opposition et organisations des droits de l’Homme.

“Karim Tabou est pris en otage depuis le début d’après-midi. Les auteurs de ce forfait n’ont pas été identifiés. Ayant opéré en tenue civile et sans mandat, ces derniers se sont rendus coupables de pratiques de mercenaires. Le seuil du tolérable a été encore une fois dépassé. Liberté pour Karim et tous les otages du système à l’origine des malheurs de l’Algérie et des Algériens”, a dénoncé le président du RCD, Mohcine Belabbas, dans un post Facebook. 

“Nous venons d’apprendre par des sources bien informées, l’arrestation du camarade Karim Tabbou par deux individus qui se seraient présentés comme deux éléments appartenant aux services de sécurité. Le Front des forces socialistes condamne énergiquement cet acte irresponsable et arbitraire. Le FFS exige sa libération immédiate et l’arrêt des intimidations contre les militants qui luttent pacifiquement pour une Algérie libre et démocratique”, lit-on dans un post signé par Hakim Belahcel, Premier Secrétaire du parti.

Le Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD) dénonce un “kidnapping”. “Le caractère pacifique et unificateur de la révolution constitue la force de tout un peuple en voix d’arracher son indépendance confisquée par les restes de la même bande qui n’a d’objectif que de régénérer le système”.