ALGÉRIE
01/06/2019 19h:20 CET | Actualisé 01/06/2019 19h:21 CET

Kamel Eddine Fekhar accompagné à sa dernière demeure

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Kamel Eddine Fekhar a été enterré aujourd’hui, samedi 01 juin 2019, au cimetière El Alia à Alger. Une foule nombreuse, triste, bouleversée, a accompagné à sa dernière demeure le militant pour les droits de l’Homme, décédé à l’hôpital de Frantz Fanon de Blida suite à une grève de a faim qu’il a entamée en guise de protestation contre sa détention abusive.

Le recueillement sur la dépouille de Kamel Eddine Fekhar a commencé vers 12H au carré mozabite du cimetière. Des dizaines de mozabites, dont des proches, entouraient déjà le cercueil du défunt, couvert par les drapeaux algérien et amazigh, chapeauté par un cadre du militant et orné par bouquet de fleurs.

Des volontaires, munis de gilets oranges, formaient déjà un cordon pour guider une procession de plus en plus dense de l’entrée de la chambre mortuaire où reposait le corps du militant jusqu’à son cercueil. Son avocat, Salah Dabouz et des proches du défunt accueillaient les personnes venues de plusieurs horizons du pays saluer, une dernière fois, Kamel Eddine Fekhar. 

A l’entrée de la chambre mortuaire, plusieurs dizaines d’autres mozabites étaient rassemblés. Brandissant des drapeaux amazigh, ils scandaient, en choeur, des slogans en hommage au militant. “Sois tranquille Kamel, nous sommes toujours des militants” ou encore “Assa, Assega, Kamel yella yella” fusaient jusqu’aux cieux. 

Le ton montait dès que des militants ou des personnalités politiques s’approchaient du registre des condoléances, installé à quelques mètres de la chambre mortuaire. “Pouvoir assassin”, scandait-on avec ferveur lorsque Ali Laskri, coordinateur de l’instance présidentielle du FFS, Mokrane Ait Larbi, avocat, Said Sadi, ex-président du RCD, Mostefa Bouchachi, avocat et défenseur des droits de l’Homme ou encore Karim Tabou, ex-SG du FFS et porte-parole de l’UDS franchissaient le portail du carré mozabite du cimetière. 

La procession autour du cercueil de Kamel Eddine Fekhar se poursuivait tandis que la foule venue accompagner le militant à sa dernière demeure ne cessait de se densifier. Une heure et quelques minutes plus tard, à l’appel de la prière du dohr, ils étaient des centaines à l’accompagner à la mosquée adjacente, située à l’intérieur même du carré mozabite, tout en entonnant, en choeur, “nan’ha al mounkar” (ننهى المنكر ).

Forte émotion

Quelques minutes après la fin de la prière du dohr, la dépouille de Kamel Eddine Fekhar, a été installée à l’extérieur de la mosquée pour recevoir la prière mortuaire, en présence de plusieurs rangées de fidèles. 

Une fois la prière accomplie, Me. Salah Dabouz a prononcé un discours d’adieu en hommage au militant, retraçant son parcours et témoignant, surtout, des derniers moments partagés avec lui. 

L’avocat a rappelé à son audience les actes de militantisme de Kamel Eddine Fekhar, son attachement à la liberté et son soutien aux causes justes, avant de témoigner du courage et de la bravoure du militant, qui avait suivi en 2017 une grève de la faim pendant plus de trois mois. 

La gorge nouée, Salah Dabouz a par la suite dénoncé dans son discours le “système corrompu et corrupteur” responsable du décès de “son ami” tandis que certains de ses auditeurs fondaient en larmes, retenant mal leurs émotions.

De l’autre côté du carré mozabite, un cordon protégeait déjà la tombe de Kamel-Eddine Fekhar. Des dizaines de fidèles, de proches et de sympathisants encerclaient la parcelle abritant la dernière demeure du militant.

A l’approche du cercueil, ils avaient du mal à contenir la foule qui accompagnait encore la dépouille du militant en entonnant”nan’ha al mounkar”, bien décidée à accompagner, du regard, Kamel Eddine Fekhar.

Son ex-codétenu, Aouf Hadj Brahim, affaibli, était présent à cet enterrement. Assis sur une chaise à quelques mètres de la tombe de Kamel Eddine Fekhar, il était resté inerte, regarder fixement la tombe puis la dépouille du défunt.