TUNISIE
23/10/2019 12h:22 CET | Actualisé 23/10/2019 13h:55 CET

Kais Saied prête serment à l'ARP: Ce qu'il faut retenir de son discours

Un humanisme rassembleur, une garantie pour les droits des femmes et le respect de la loi, ou encore la cause palestinienne ont été au coeur de son discours...

Le nouveau président de la République, Kais Saied, a prêté, mercredi, serment devant l’Assemblée des représentants du peuple.

Face aux députés, au gouvernement et aux représentants des organisations nationales, celui-ci a pris la parole après une longue introduction menée par le président de l’ARP Abdelfattah Mourou et après avoir prêté serment sur le Coran.

 

“Ce que vivent les Tunisiennes et les Tunisiens aujourd’hui a épaté le monde entier” a assuré Kais Saied affirmant que la Tunisie a fait une “véritable révolution, dans son sens nouveau parce que les révolutions se font généralement contre la légitimité, mais ce qui s’est passé en Tunisie, c’est une véritable révolution en utilisant les outils de la légitimité eux-mêmes”.

“C’est également une révolution culturelle, jamais vue auparavant, et les révolutions culturelles, ce n’est pas que la parution de livres, c’est une conscience nouvelle qui explose dans un calme apparent après une longue attente” a-t-il ajouté.

Pour le président de la République, la Tunisie traverse “un moment historique, où le cours de l’histoire change grâce à la conscience du peuple, qui sait qu’il est capable de changer son destin vers la voie qu’il a lui même choisie”.

“Il ne fait pas de doute que dans le monde, ils étudieront -et certains étudient déjà- l’exemple tunisien (...) Il reverront et réétudieront les concepts politiques qui existent depuis des décennies” dit-il.

Pour lui, “chacun ici porte une responsabilité, la responsabilité de répondre à ce peuple, dans leur demande de liberté et de dignité. L’attente n’a été que trop longue, et personne n’a le droit de le décevoir”.

“Le peuple tunisien ne s’arrêtera pas à l’Etat de droit, il s’est transformé en une société de droit, où chacun est garant de son application, même les enfants qui se trouvent au premier rang de cette bataille dès l’enseignement primaire” décrit-il avant de poursuivre: “Il y a aussi la responsabilité qui incombe à tous de protéger et de garder l’Etat tunisien. Tous ne faisons que passer mais l’Etat reste et continue”.

La neutralité des espaces publics

“L’Etat tunisien, à tous les niveaux, est l’Etat de tous les Tunisiens et de toutes les Tunisiennes sur un même pied d’égalité, et le premier principe sur lequel il repose, c’est la neutralité des espaces publics” assure Kais Saied affirmant que chacun est libre dans ses convictions et ses choix “mais ce qui appartient à l’Etat doit être en dehors des calculs politiques. Ce genre de calculs sont comme des vers à l’intérieur du fruit, ils le pourrissent avant de le tuer. Rien n’est plus dangereux pour un Etat ou pour une société que de se pourrir de l’intérieur”.

“Notre responsabilité est aussi de conserver les biens appartenant à l’Etat et nos richesses nationales” affirme-t-il appelant chacun des enfants de cet Etat à donner l’exemple: “Il n’y aura pas de place pour le pardon à celui qui vole un millime de la sueur des enfants de ce grand peuple”.

La lutte contre le terrorisme 

“Il est de notre responsabilité, et ce n’est pas la moins importante, de rester unis dans la lutte contre le terrorisme et l’éradication de toutes ses causes. Une seule cartouche d’un terroriste fera face à un torrent d’innombrables cartouches” a affirmé le président de la République.

“Notre peuple est de notre responsabilité, notre Etat est de notre responsabilité, nos forces de sécurité sont de notre responsabilité, et la situation des pauvres et des misérables est de notre responsabilité. Le sourire d’un nouveau-né dans son berceau est de notre responsabilité. Portons ces responsabilités avec détermination” a-t-il appelé.

L’application de la loi

“Je veux que chacun soit convaincu que rien ne sera fait en dehors du cadre de la loi, et que chacun soit certain que la liberté, dont notre peuple a payé un lourd tribut pour l’obtenir, personne ne saura la lui enlever d’aucune façon” indique Kais Saied ajoutant que “ceux qui ont la nostalgie de revenir vers le passé (...) vont à l’encontre de la marche de l’histoire”.

Les droits des femmes

“Il n’y aura pas de place pour ceux qui voudront toucher aux droits des femmes et nous iront vers l’attribution de plus de droits aux femmes, et notamment ceux économiques et sociaux” assure-t-il.

Plus de justice

“Notre peuple qui aspire à la liberté (...) aspire avec la même détermination à la justice” a-t-il affirmé expliquant que les tunisiens sont fatigués de “l’injustice dans tous les domaines” dit-il.

“Le temps est venu de penser à de nouvelles voies pour réaliser les espoirs de notre peuple, pour le travail, la liberté et la dignité” a poursuivi Kais Saied.

Mettre la main à la pâte

“Notre grand peuple nous a envoyé à tous une lettre claire et précise dans laquelle il affirme vouloir participer pour dépasser tous les obstacles parce que celui qui a donné son sang pour l’Etat est prêt à donner son labeur et son argent pour celui-ci” explique Kais Saied indiquant que beaucoup de Tunisiens sont “prêts à donner l’équivalent d’un jour de travail pendant 5 ans jusqu’à ce que les caisses de l’Etat se remplissent et jusqu’à ce que nous nous débarrassions de nos dettes et de nos crédits”.

Restaurer la confiance

“Les Tunisiennes et les Tunisiens ont seulement besoin d’une nouvelle relation basée sur la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Contribuons tous à créer cette relation qu’ils ont perdu depuis un long moment” dit-il avant de poursuivre: “Leurs espoirs sont grands, leurs droits sont légitimes et personne n’a le droit de l’oublier et ou de l’ignorer”.

Pour un humanisme rassembleur

“La Tunisie est un Etat basé sur ses institutions et non sur les personnes qui se succèdent à sa direction. L’Etat tunisien est également tenu par l’ensemble des conventions internationales et il est dans son intérêt de les développer en fonction de l’intérêt de notre peuple” assure-t-il.

Et plus important que les textes selon lui, “c’est la compréhension entre les nations et les peuples pour un humanisme rassembleur”.

La défense de la cause palestinienne

“La Tunisie défendra toutes les causes justes et la première est celle du peuple palestinien (...) La Palestine n’est pas un terrain immobilier enregistré dans un registre” dit-il avant de justifier: “Ce n’est pas une position contre les juifs. Nous les avons défendus en Tunisie quand ils étaient chassés et nous continuerons de les protéger, mais c’est une position contre la colonisation, contre l’ostracisme, et le temps est venu pour l’humanisme rassembleur de mettre fin à cette injustice qui perdure depuis plus d’un siècle”.

Un monde nouveau

“Nous aspirons à un nouveau monde et à participer à écrire une nouvelle histoire où la dimension humaine prime sur les autres dimensions” a indiqué Kais Saied.

“Les défis sont nombreux, les responsabilités grandes, mais la volonté de notre peuple de les dépasser l’est encore plus” assure-t-il avant de conclure: “La première responsabilité du président de la République est d’être le symbole de son unité, le garant de son indépendance et de sa continuité, le garant de l’application de la constitution. Il devra unifier et être au dessus de tous les conflits”

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