13/03/2019 17h:31 CET | Actualisé 13/03/2019 17h:31 CET

Jumia dépose sa demande d'introduction en bourse à Wall Street

La "licorne" africaine veut entrer dans la cour des grands.

Luc Gnago / Reuters
Des employés de Jumia à Abdijan, en Côte d'Ivoire.

ÉCONOMIE - Grande première pour une entreprise technologique africaine. Jumia, leader du e-commerce en Afrique, vient de déposer sa demande d’introduction en bourse (IPO) à Wall Street, au New York Stock Exchange (NYSE). “Ce mardi, l’e-commerçant a communiqué aux autorités boursières un premier document public annonçant son intention de faire appel au marché, et détaillant son activité”, rapporte le quotidien français Les Echos.

L’entreprise basée au Nigéria n’a pas encore fourni “le calendrier ni le prix de l’action attendu”, précise Le Monde. “Les détails financiers doivent désormais être discutés par les investisseurs et les banquiers”, ajoute la même source. 

Fondée par deux Français en 2012 avec l’incubateur allemand Rocket Internet et présente dans quatorze pays africains dont le Maroc, l’Egypte, le Ghana, le Sénégal et l’Afrique du Sud, l’entreprise est devenue en 2016 la première “licorne” africaine, surnom donné aux start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars. La société compte, dans son tour de table, outre Rocket Internet, l’entreprise de télécom Orange, l’opérateur sud-africain MTN, la banque d’investissement Goldman Sachs ou encore la compagnie d’assurances AXA.

“La décision de Jumia intervient alors que plusieurs start-up de e-commerce grand public ont échoué au Nigéria, pays le plus peuplé, plus grande économie et pionnier non officiel du développement des start-up de e-commerce sur le continent”, rappelle le site spécialisé TechCrunch.

“Jumia comptait l’année dernière 4 millions de consommateurs dans des pays couvrant la grande majorité de l’Afrique. Nous nous concentrons vraiment sur la croissance de nos activités existantes, notre position de leader, le nombre de vendeurs et l’adoption de consommateurs sur ces marchés”, a déclaré à TechCrunch Sacha Poignonnec, le PDG et co-fondateur de Jumia. 

Si Jumia a connu une forte croissance en huit ans, travaillant avec plus de 80.000 vendeurs et enregistrant, en 2017, un chiffre d’affaires de 93,8 millions d’euros, rappelle Le Monde, la société panafricaine perd aussi plusieurs centaines de millions de dollars chaque année, note Quartz Africa (QZ)

“Au 31 décembre 2018, (...) la société avait accumulé des pertes de près de 1 milliard de dollars. L’année dernière, les pertes de Jumia se sont creusées à 195,2 millions de dollars sur des revenus de 149,6 millions de dollars”, précise le site spécialisé dans les informations économiques sur le continent africain.

“Les pertes continues ne sont que l’un des nombreux facteurs de risque énumérés par la société, notamment l’instabilité politique et l’incertitude de la réglementation sur les marchés africains”, note QZ. La société affirme également que la concurrence et des “politiques de prix plus agressives” de la part de rivaux, notamment Takealot, en Afrique du Sud, et Souq.com, en Égypte, pourraient avoir un impact négatif sur ses activités.

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