TUNISIE
11/12/2018 12h:07 CET | Actualisé 11/12/2018 12h:08 CET

Journées théâtrales de Carthage: Un acteur monte nu sur scène et provoque un tollé

“Artistiquement, il ne faut pas voir le corps comme un instrument sexuel" a expliqué le directeur du Théâtre municipal.

La pièce “Ye Kebir”, jouée au théâtre municipal de Tunis dans le cadre des Journées Théâtrales de Carthage fait couler beaucoup d’encre.

Et pour cause, cette pièce a mis en scène un jeune homme entièrement nu, créant un tollé sur les réseaux sociaux tunisiens entre ceux qui soutiennent la liberté artistique et ceux qui dénoncent un tel comportement.

Cet internaute affirme qu’il ne s’agit plus des Journées Théâtrales de Carthage mais des “journées pornographiques de Carthage”, s’offusquant qu’on puisse voir une telle scène se produire dans un théâtre tunisien.

 

Zouheir Errayes, directeur du théâtre municipal s’est expliqué, mardi, sur les ondes de Jawhara FM: “Cette pièce comporte beaucoup de messages sur la question du Moyen-Orient. Si l’acteur s’est déshabillé totalement sur scène, il ne faut rien y voir de sexuel” a-t-il affirmé ajoutant que “cela comporte un message, interprété avec beaucoup de souffrance par l’acteur qui s’est déshabillé, et qui a exprimé de nombreuses douleurs, en se mettant à nu pendant 10 minutes sur scène”.

Si face à la scène, certains spectateurs ont quitté la salle, Zouheir Errayes estime qu’ “entre 400 et 450 personnes étaient présentes. Seulement 25 ont dû quitter la salle”.

 

Pour lui, l’affaire a pris plus d’ampleur qu’il ne le faut: “Il ne faut pas en faire une plus grande histoire (...) Pour moi, il manquait une information sur l’affiche pour dire qu’il y a des scènes de nudité dans cette pièce (...) Moi même j’ai été surpris par la pièce hier”.

“C’est la première fois de l’histoire du théâtre municipal et de la Tunisie, qu’un acteur monte nu sur scène (...) Au cinéma, même dans les films tunisiens on a vu des acteurs et des actrices qui ont fait des scènes osées et des scènes de nudité, et les tunisiens regardent sans broncher” a-t-il commenté, ajoutant comprendre ceux qui ont quitter la salle: “Il est de leur droit de quitter la salle,  ils ne veulent peut-être pas voir ça. Mais on ne peut pas blâmer ceux qui ont payer leurs billets et qui veulent voir du théâtre”.

“Artistiquement, il ne faut pas voir le corps comme un instrument sexuel. Pour un artiste, son corps est un instrument, son outil d’expression” a expliqué Errayes.

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