MAROC
24/05/2019 18h:15 CET

Journée nationale de l'enfant: L'Unicef constate les inégalités entre le rural et l'urbain

Et appelle à agir contre le travail domestique des enfants et le mariage des mineures.

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DROITS DE L’ENFANT - Une commémoration et un constat. C’est demain, samedi 25 mai, que le Maroc célèbre la journée nationale de l’enfant. L’heure de dresser une évaluation de l’état des lieux et des progrès que le Royaume doit encore accomplir, selon l’UNICEF.

Dans une déclaration, la représentante de l’organisation des Nations unies au Maroc, Giovanna Barberis, salue les efforts consentis par le Maroc “pour engager des réformes qui ont positivement impacté” la mise en oeuvre des droits de l’enfant dans le pays. Mais elle estime que beaucoup reste à faire. Mariage des mineures, travail domestique, abandon scolaire... la représentante de l’UNICEF cite plusieurs phénomènes sociaux qui restent, pour elle, des obstacles à la protection de l’enfant au Maroc.

Dans sa déclaration, elle souligne qu’il y a “urgence d’éradiquer le recrutement des enfants en tant que travailleurs domestiques”. Saluant l’adoption de la nouvelle loi qui encadre cette question, elle précise que “l’enjeu aujourd’hui est de la mettre effectivement en application et de mettre fin, par la suite, au recrutement de tout enfant en tant que travailleur domestique”

Elle estime également essentiel de permettre aux enfants “l’accès à tous leurs droits de manière à ne pas les exposer au risque de mariage des enfants. Avant 18 ans, un enfant, fille ou garçon, doit être en train d’apprendre pour préparer son projet de vie”.  

Le milieu rural souffre toujours 

A l’évidence, les progrès n’ont pas profité à tous les enfants. Giovanna Barberis   décrit un fossé qui se creuse entre le milieu rural et urbain. Elle indique, dans sa déclaration, qu’en 2018, dans le milieu rural, la mortalité des enfants de moins de 5ans est élevée de plus de 7 points par rapport aux villes avec 25,99 décès par mille naissances vivantes, contre seulement 18,81 en milieu urbain. Les accouchements assistés, eux, varient de 96,6% dans l’urbain à 74,2% dans le rural.

L’organisation constate également que, dans le secteur de l’éducation, l’accès au primaire quasi généralisé n’a pas permis de circonscrire l’abandon scolaire.  Presque 300.000 enfants dans le pays abandonnent l’école chaque année pour des raisons diverses, précise-t-elle. Moins de 50% des enfants dans le milieu rural, et surtout les filles, jouissent de leur éducation secondaire qualifiante, note la responsable du bureau Maroc. 

“Nous demeurons sereins quant à la capacité du Maroc d’élaborer des réponses intégrées pour répondre à ces défis. Le Maroc s’est inscrit dans d’importants processus de réformes que nous continuerons d’appuyer pour que tous les enfants puissent profiter des fruits de ces actions”, affirme Giovanna Barberis.  

Saluant les progrès du Maroc, elle rappelle que le pays est parvenu à réduire  de plus de 50% le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans entre 2003 et 2018 (passant de 47 à 22,16 décès pour mille naissances vivantes), d’après les des données citées par l’UNICEF. Et d’ajouter que le taux des accouchements assistés a augmenté de 13 points entre 2011 et 2018, passant de 73,6% à 86,6%. 

Côté éducation, le Maroc a presque atteint la scolarisation universelle au niveau primaire. “Nous saluons aussi les dispositifs mis en place pour permettre aux enfants migrants d’accéder à l’école marocaine”, a déclaré Giovanna Barberis. 

Cette année, la journée nationale de l’enfant au Maroc coïncide avec le 30ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant adoptée par l’ONU en 1989. Pour l’UNICEF, les engagements pris en cette année “se seront respectés que lorsque chaque gouvernement et chaque citoyen feront respecter les droits de l’enfant et que chaque enfant pourra faire valoir ses droits”, indique dans une lettre la directrice du bureau Maroc.