ALGÉRIE
22/10/2018 15h:07 CET | Actualisé 22/10/2018 15h:24 CET

"Libérez Saïd Chitour", une journée nationale de la presse sous le sceau de la solidarité

Des confrères de Said Chitour à Paris tiendront demain mardi 23 octobre un sit-in devant l’ambassade d’Algérie en France.

Ahmed Sahara
rassemblement en solidarité avec Said Chitour

Pour marquer la journée nationale de la presse ce 22 octobre, les journalistes ont tenu à apporter leur soutien à leur collègue Saïd Chitour en prison depuis près de deux années. Un Sit-in a été organisé, à cet effet ce matin, à la maison de la presse Tahar Djaout, en solidarité avec le journaliste Said Chitour incarcéré depuis le mois de juin 2017.

“Le journalisme n’est pas un crime”! C’est avec ces termes que les journalistes ont dénoncé l’incarcération”abusive”que subit leur confrère derrière les barreaux depuis plusieurs mois et ont souligné les difficultés d’exercer,  le métier de journaliste en Algérie.

 

 

Journalistes, directeurs d’organes de presse, membre de la société civile et la famille du journaliste brandissaient tous une pancarte sur laquelle est mentionnée “500 jours en prison et sans procès”. Ils appellent tous à la libération de Said Chitour dont l’état de santé se détériore de jour en jours, selon sa famille.

“Ce rassemblement a été initié par un groupe de journalistes pour tirer la sonnette d’alarme quant à la situation du journaliste Said Chitour. Depuis un an et quatre mois il est incarcéré à la prison d’El-Harache. Les jours passent et aucun procès n’est en vue, pendant que son état de santé s’aggrave”, a dénoncé le journaliste Said Boudour.

Said Chitour est accusé par le parquet de Bir Mourad Rais d’avoir remis des “documents gouvernementaux sensibles” à des diplomates étrangers. Une accusation que réfutent la défense du journaliste, ses collègues et les membres de sa famille.

Le frère de Said Chitour présent aux rassemblement, a défendu la loyauté de son frère envers l’Algérie. L’anecdote qu’il raconte à l’assistance le prouve amplement selon lui. Il y a quelques années, a-t-il rapporté, son frère a été approché par l’ambassade de France en Algérie pour acheter des archives des routes et chemin de fer d’Algérie. “Non seulement qu’il a refusé de les vendre mais il les a remis aux archives nationale” affirme le frère de Said Chitour.

Âgée de 84 ans la mère de Said Chitour ne cache pas sa détresse. Après deux lettres adressées au président de la République Abdelaziz Bouteflika, elle se dit désespérée de voir son fils libéré. Souffrant de diabète et d’hypertension, elle craint le pire pour son fils.

 

 

“Je demande au président Bouteflika de libérer mon fils. Il est malade et il souffre, il n’a fait que du bien à son pays, libérez-le ”, implorait la mère du journaliste emprisonné. 

El Kadi Ihssane directeur du Maghreb Émergeant a déploré, pour sa part, l’état de la corporation aujourd’hui. “Nous n’avons jamais été aussi faibles dans notre position même sous le Parti unique”. Il a encore souligne que du temps du parti unique, “nous faisions des rassemblements et on arrachait des droits et depuis un moment, on ne fait qu’en perdre!” 

Dans le même sillage un confrère et ami de Said Chitour appellent la corporation à s’unir, en faisant la même une sur l’affaire de Said Chitour demain 23 octobre. Il estime que de cette façon l’affaire de Said Chitour aura un écho à même à l’international.

Parmi les représentants de la société civile présents aux rassemblement, Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty Internationale Algérie. Elle estime que l’Algérie a besoin de ses journalistes pour bâtir un état de droit.

Me Miloud Brahimi, avocat de Said Chitour, informe que le dossier de l’accusé est au niveau de la cour suprême, cette dernière n’a pas encore statué selon lui.

Concernant l’incarcération de Said Chitour il précise que celle-ci “n’est pas illégale mais abusive”. “Certains médias ont écrit la veille que sa détention provisoire avait dépassé les limites, c’est faux. Nous constatons le respect de la loi formelle”  a indiqué encore Me Miloud Brahimi.


Selon le journaliste Said Boudour, le comité de soutien à Said Chitour prévoit une grève de la faim, toujours en solidarité avec le confrère emprisonné depuis 500 jours sans procès. Il ajoute également que des confrères de Said Chitour à Paris tiendront demain mardi 23 octobre un sit-in devant l’ambassade d’Algérie en France.