ALGÉRIE
19/05/2019 13h:31 CET

Journée nationale de l’étudiant: "Aussi déterminés que nos aïeux le 19 mai 1956"

Huffpost Algérie

Comme le 19 mai 1956, les étudiants ont répondu à l’appel du devoir national. Cette 13e manifestation estudiantine contre le régime à l’occasion du 63e anniversaire du 19 mai 1956, porte le symbole des luttes estudiantines pour le pays. Si leurs aïeux, il y a 63 ans, ont quitté les bancs des universités pour rejoindre les rangs de l’ALN après leur grève, aujourd’hui les étudiants sont dans la rue pour réclamer un changement radical du régime. 

Ils sont sortis par milliers, ce 19 mai rappeler leur rôle prépondérant dans le changement comme celui de leur aïeux un lointain 19 mai 56. Ce 19 mai, rappelle la grève des étudiants de 1956 pour exiger la libération de l’Algérie du colonialisme français, suite à laquelle beaucoup d’étudiants ont rejoint les maquis. Aujourd’hui c’est envers un régime oppressant que les étudiants se révoltent.

 

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Une jeune étudiante brandit une pancarte au milieu de cette foule nombreuse sur laquelle elle a inscrit, “les étudiants de 1956 sont la fierté et l’exemple des étudiants 2019. Notre cause et autres mais l’objectif est le même : indépendance et liberté”.

Un autre étudiant a écrit sur son slogan “A ceux qui ont libéré le pays, vos petits-enfants vont libérer le peuple.”


Dès le début du soulèvement populaire, cette jeunesse studieuse et engagée à prêter main-forte au Hirak. Un vent de fraîcheur souffle sur la capitale chaque mardi de contestation. Une mobilisation forte, les slogans fins et pleins de sens et une discipline sans faille. C’est ainsi que les étudiants des facultés d’Alger se sont distingués dans ce mouvement qui secoue l’Algérie depuis le 22 février.

Cette 13e manifestation ne perd rien de sa vitalité. Comme aux premiers jours, les étudiants réclament le départ des symboles du pouvoir. Rassemblés à 11h près de la fac centrale, les étudiants ont donné le coup d’envoi de cette treizième manifestation en scandant “FLN dégage”, “non aux élections”, ou encore “Algérie libre et démocratique”.

 

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Ils maintiennent leur refus de l’élection présidentielle du 4 juillet, exigent le départ de Gaid Salah, et insistent sur la primauté du civil sur le militaire. “Celui qui veut être sous les ordres de Gaid Salah n’a qu’à s’engager dans l’armée”, peut-on lire sur la pancarte d’une étudiante.

Empêchés de rejoindre la Grande Poste, quadrillée par un important dispositif policier, les étudiants ont emprunté la rue Larbi Ben M’hidi pour aller au tribunal de Sidi M’Hamed.

Arrivés à l’entrée du tribunal ils ont marqué un sit-in de quelques minutes pendant lequel ils ont scandé “nous voulons une justice indépendante.” Ils ont ensuite rebroussé chemin.

Certains étudiants de l’École nationale polytechnique, marquent cette journée de l’étudiant en distribuant à leurs camarades des autres facultés un programme qui vise à une organisation efficace du mouvement estudiantin.

“Nous avons élaboré ce programme en concertation avec les différents départements de la faculté. Nous avons mis en place une cellule de sensibilisation, une autre de débat et une cellule de médiatisation. Le but est d’intensifier le dialogue entre étudiants pour que notre mouvement de contestation perdure jusqu’à l’obtention de nos revendication”, précise encore une étudiante de l’école.