ALGÉRIE
30/03/2019 10h:51 CET | Actualisé 30/03/2019 10h:51 CET

Journée de la Terre: un palestinien tué par les soldats israéliens avant le début de la grande manifestation à Gaza

Agence-France Presse

Un Palestinien a été tué samedi matin par les soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza, quelques heures avant le début de manifestations de masse prévues dans l’enclave palestinienne marquant le premier anniversaire des “Marches du retour”.

Mohammed Saad, âgé de 20 ans, est décédé après avoir été blessé à la tête par des éclats de balles à l’est de la ville de Gaza, a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué. 

Des manifestants ont indiqué qu’il avait été blessé tôt samedi matin à la fin d’une manifestation nocturne le long de la barrière, lourdement gardée par les soldats israéliens et qu’il était décédé peu après. Selon la même source, il se trouvait à plus de 100 mètres de la barrière qui sépare la bande de Gaza d’Israël lorsqu’il a été touché.

Des milliers de Palestiniens sont appelés à manifester ce 30 mars près de la frontière, un an après le début d’une mobilisation contre le blocus israélien et pour le droit du retour sur les terres dont eux-mêmes ou leurs parents ont été chassés à la création de l’Etat hébreu en 1948. 

L’Egypte en médiateur 

Les sites habituels des manifestations étaient calmes samedi matin. Seuls quelques dizaines de jeunes Palestiniens y étaient visibles ainsi que des membres des forces de sécurité du Hamas. 

Les “Marches du retour” marquent ce 30 mars leur premier anniversaire.  

Au moins 259 Palestiniens ont été tués par les israéliens, la grande majorité le long de la frontière, depuis cette date. Deux soldats israéliens ont été tués. 

La tenue d’élections législatives en Israël le 9 avril ajoute à l’incertitude ambiante concernant ce premier anniversaire. 

Des pourparlers ont eu lieu vendredi sous l’égide de l’Egypte, intermédiaire traditionnel entre le Hamas et Israël, pour tenter d’éviter un affrontement ou plutôt un nouveau massacre comme celui du vendredi 30 mars 2018. 

Le Hamas cherche à alléger le blocus israélien qui, depuis plus de dix ans, étouffe la bande de Gaza éprouvée par les guerres et la pauvreté. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir ce mouvement de résistance, qui ne reconnait pas l’existence de l’Etat hébreu.

Le Hamas et le premier ministre israélien sont tous deux sous pression. 

Le premier a fait face récemment à des manifestations contre le profond marasme économique, la hausse des prix et des taxes dans la bande de Gaza, qu’il a sévèrement réprimées. 

Le second, confronté à une forte concurrence aux élections, est accusé par ses adversaires de faiblesse face au Hamas. 

Journée de la terre 

Palestiniens et défenseurs des droits humains accusent Israël d’usage de la force. Israël dit ne faire que défendre sa frontière. 

Dans un communiqué, l’armée israélienne a indiqué que Ses troupes stationnées dans le secteur de la bande de Gaza ont été renforcées, sans donner davantage de détails. 

Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Gazaouis participent toutes les semaines aux manifestations, souvent réprimées dans le sang par les israéleins.

La mobilisation a culminé le 14 mai 2018 avec la mort d’au moins 62 Palestiniens sous les balles israéliennes à Gaza, le jour de l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. 

Tous les Palestiniens et Arabes israéliens sont appelés ce 30 mars à prendre part à la “Journée de la terre”, hommage annuel à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par Israël.