ALGÉRIE
15/09/2019 09h:03 CET

Jil Jadid s’alarme de la “montée des tensions”: le pouvoir a “bloqué” toute solution

Huffpost MG
Soufiane Djilali

“La montée des tensions est palpable” constate avec regret le parti Jil Jadid dans une déclaration rendue publique samedi et dans laquelle il accuse le pouvoir d’avoir “bloque toute solution qui ne lui semblait pas répondre à la sienne” et qui a fini par “exposer ses institutions les plus sensibles à l’ire populaire”. 

Jil Jadid dont le président Soufiane Djilali avait proposé une formule associant l’élection présidentielle à un processus constituant - rejetée de fait par Gaïd Salah, tout comme l’idée d’une charte d’honneur engageant les candidats avancée par Karim Younès - estime que le pouvoir a été “jusqu’à maintenant incompétent dans sa gestion de la crise”. 

“En voulant apparaître comme garant d’une légalité constitutionnelle surfaite”, le pouvoir a créé une situation où ses “ institutions les plus sensibles” se trouvent exposées à l’ire populaire.

Aujourd’hui, s’alarme Jil Jadid, la “ confrontation des volontés échauffe les esprits. Les voix prônant la radicalité s’élèvent de toutes parts excluant parfois la raison” alors qu’il était possible, à travers un “vrai dialogue” d’aboutir à une synthèse des différentes propositions de sortie de crise.

Les élections présidentielles vont “compliquer la crise” 

Tout en soulignant l’ampleur de la crise de confiance, Jil Jadid estime qu’il revenait au pouvoir de “ se mettre au-dessus de la mêlée”, de “. mettre à l’écoute du peuple”, de .”prouver sa bonne foi aux Algériens”... Or, constate-t-il, au lieu d’agir en “politique responsable”, le pouvoir a “  voulu régir une « population » sommée d’exécuter des ordres sans demander son reste.”

Non seulement note le parti de Soufiane Djilali, le “dialogue officiel” n’a même pas pu faire passer des mesures d’apaisement, mais le pouvoir a au contraire “durci” sa gestion des évènements. “Les arrestations, y compris d’hommes politiques et le maniement de la division du peuple, démontrent sa logique autoritaire et à l’évidence dangereuse. Les élections présidentielles projetées ont donc peu de chance d’entraîner l’enthousiasme populaire et compliqueront la crise au lieu de la résoudre”

Pour Jil Jadid, il est “encore possible” de revenir à une “ à ligne politique sereine et plus fructueuse” à travers une “troisième voie, celle de la sagesse…”