MAROC
26/05/2015 11h:05 CET | Actualisé 26/05/2015 11h:12 CET

La jeunesse de l'Istiqlal manifeste contre Much Loved

Hespress
Quand l'Istiqlal manifeste contre Much Loved...

CINÉMA – La chabiba du parti de l'Istiqlal n'apprécie pas le dernier film de Nabil Ayouch et le fait savoir. Ce lundi 25 mai, quelques heures avant l’interdiction par le ministère de la Communication de la diffusion du long-métrage de Nabil Ayouch dans les salles marocaines, près de 150 membres de l'organisation politique ont tenu un sit-in devant le parlement, pour dénoncer le dernier film du réalisateur.

Les manifestants se sont également attaqués à Noureddine Ayouch, le père du cinéaste, critiquant ses positions sur la question de l’enseignement de la darija à l’école primaire.

Sur l’une des pancartes, on pouvait lire: "Qui est derrière Ayouch et ses semblables?". Sur une autre : "la femme marocaine n'est pas une prostituée".

Pour sa manifestation contre le film Much Loved, la chabiba du parti de l'Istiqlal a sorti le grand jeu. En plus des 150 membres de la jeunesse du parti, des parlementaires et des figures connues de l'Istiqlal ont participé au sit-in.

Après avoir scandé des slogans dénonçant le film, les manifestants se sont attaqués à la famille Ayouch toute entière, l’accusant de constituer un "camp du mal" qui complote contre l'identité marocaine, selon des déclarations faites par le secrétaire général de la chabiba Omar Abbassi au site d’information arabophone Hespress.

Contacté par le HuffPost Maroc, le député istiqlalien Adil Tchikito, l'un des coordinateurs de la manifestation, a déclaré que "ce genre de films heurte la sensibilité et la dignité des marocains, et force le trait sur certains phénomènes de société, certes existants, mais ne méritant pas pareille médiatisation. Nous ne sommes en rien contre la liberté d'expression, tant qu'elle respecte les valeurs nationales".

Dimanche 24 mai à Imouzzer, c'est le secrétaire général de l'Istiqlal en personne qui a critiqué Nabil Ayouch. Hamid Chabat a estimé que le réalisateur "a porté atteinte à toutes les femmes marocaines", et l'a invité "à rentrer dans le droit chemin".

Dans un poste sur sa page facebook, la députée pamiste Khadija Rouissi a, pour sa part, qualifié les critiques véhémentes qu’essuie le film d’"hystérie collective, incitant à la haine et à la violence". Elle rappelle également que "les œuvres artistiques doivent être évaluées selon les critères de créativité et non selon un prisme moralisateur".

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