MAROC
03/04/2018 11h:24 CET

Jerada: Laftit accuse certaines parties de "tenter de faire chanter l'Etat"

"Certaines parties continuent de marginaliser les efforts du gouvernement".

MAP

JERADA - Chose promise, chose due. Le gouvernement est bien déterminé à tenir ses engagements auprès des habitants de Jerada. C’est ce que le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a réaffirmé, hier, à l’occasion d’une réunion tenue par la Commission de l’intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville à la Chambre des représentants. 

Ses engagements tiennent dans la concrétisation du programme de développement de la province de Jerada. Elles tiennent aussi, ajoute le ministre, dans l’information sur les divers développements et circonstances entourant le sujet. C’est d’ailleurs dans ce cadre que le ministre a été convié par les députés de cette commission pour faire le point sur la situation à Jerada.

Mise en garde

Une mise au point mais aussi une mise en garde. Laftit a estimé que des parties reconnues (telles que le parti de la Voie démocratique et l’Association marocaine des droits de l’Homme), et d’autres non reconnues (la Jamaâ Al Adl Wal Ihssane) tentent “d’élargir les zones de protestations dans différentes régions du royaume et d’exploiter tout mouvement social pour aggraver la situation”.

Pour le ministre, ces organismes souffrent d’un mal de reconnaissance qu’il assimile à “une impasse”, d’après les informations relayées par la MAP. Et de préciser que “la faiblesse” de leurs discours politiques les pousse à “s’infiltrer dans tout mouvement de contestation dans le but d’embraser l’image de l’État devant l’opinion publique nationale et les organisations internationales de droits de l’Homme de manière à saper les projets de l’État et nuire aux efforts d’encadrement politique entrepris par les partis politiques et les syndicats sérieux”, a-t-il expliqué. Et de constater que certaines parties continuent “de marginaliser” les efforts du gouvernement, “en incitant constamment la population à protester, dans une vaine tentative de faire chanter l’Etat”.

Le ministre a exprimé son regret quant aux comportements de certaines parties qui, au lieu d’encadrer les citoyens et évaluer la situation de manière objective et équilibrée “en adéquation avec la nature de leurs responsabilités politiques”, adoptent “des actes provocateurs et irresponsables qui ne servent que les intérêts de supports médiatiques hostiles au Royaume”.

“Toute partie, qui se croit être capable de réaliser ses objectifs non déclarés en travaillant dans les coulisses, se trompe parce que l’expérience marocaine a prouvé sans l’ombre d’un doute que le soutien au processus démocratique et de développement repose sur le travail sérieux et l’engagement responsable des institutions nationales”, a martelé le ministre. Et d’ajouter que le l’État est bien déterminé à poursuivre “le processus démocratique et de développement en tant que choix stratégique”.

Programme de développement

Dans un rappel de l’incident tragique du décès de deux citoyens dans l’effondrement d’un puits traditionnel d’extraction de charbon le 22 décembre 2017, le ministre a déclaré que cet événement a dévoilé la situation sociale et économique de la province. Un état des lieux auquel le gouvernement a répondu par plusieurs projets d’un budget global de 900 millions de dirhams. Ces projets portent essentiellement sur le renfoncement des équipements sociaux, la qualification urbaine et économique et la mise en place d’un fonds d’appui aux porteurs de projets. Ils visent également la création d’une centaine de postes de travail immédiats, l’élargissement de l’offre sanitaire et l’adoption de plusieurs mesures à même de réduire le coût de la consommation de l’eau et de l’électricité. 

A ces finalités s’ajoutent aussi la mise en œuvre de mécanismes d’inspection pour les licences d’exploitation et le renforcement de la protection de l’environnement, permettant à cette province de bénéficier en priorité “du programme national spécial de valorisation des déchets minéraux”.

L’Etat, a souligné le ministre, ne ménagera aucun effort insuffler une nouvelle dynamique au processus de développement de Jerada. Depuis la mise en application des dispositions de l’accord social signé suite à la fermeture de la plus grande mine de Jerada en 1998, ce processus de mise en œuvre a coûté environ 2,2 milliards de dirhams, parallèlement au soutien des programmes de développement dans la province.

Cependant, la région, à l’instar de plusieurs préfectures et provinces, souffre encore de déficit au niveau d’un nombre de domaines économique et social, reconnaît le ministre, précisant que le gouvernement s’emploie activement à y remédier. Le gouvernement veille ainsi, souligne le ministre, à instaurer une approche participative pour interagir positivement avec les revendications liées au développement de la province, “en excluant toute approche sécuritaire dans la gestion des manifestations organisées par les habitants pendant près de trois mois”.

Légitimité sans équivoque

Rappelant les violences ayant accompagné la manifestation du 14 mars, le ministre a précisé que le gouvernement, de par ses attributions juridiques, veille à l’application de la loi et au traitement ferme de tout comportement irresponsable susceptible de porter atteinte à la sécurité et la stabilité de la région.

“Des personnes cagoulées ont provoqué les forces publiques, les attaquant avec des jets de pierres, ce qui les a obligées d’intervenir, en coordination avec le parquet compétent, pour disperser cette manifestation”, a-t-il tenu à souligner. Ces attaques ont clairement démontré l’existence d’une volonté chez ces éléments de mettre en jeu les intérêts de la population. Car la nature même de ces attaques perpétrées à l’encontre des membres des forces publiques témoignent, précise Laftit, d’une violence en tant que comportement et idéologie.

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