MAGHREB
18/05/2015 13h:41 CET | Actualisé 18/05/2015 14h:00 CET

Tunisie: Kamel Jendoubi annonce la création d'une commission pour Gafsa. L'UGTT déplore des mesures "insuffisantes"

Facebook/Jendoubi
Kamel Jendoubi, ministre tunisien chargé des relations avec les instances constitutionnelles et la société civile

POLITIQUE - Les décisions annoncées par le gouvernement en faveur du gouvernorat de Gafsa seront mises en oeuvre dans un délai de trois mois, a assuré lundi Kamel Jendoubi, ministre chargé des relations avec les instances constitutionnelles et la société civile, tandis que l'UGTT et des organisations de la société civile ont critiqué ces mesures.

Une commission, composée de "personnalités de Gafsa (...) appartenant à la société civile de la région", sera créée cette semaine, afin de mettre en oeuvre les décisions issues du conseil ministériel, a indiqué Kamel Jendoubi à l'Agence TAP.

Le chef du gouvernement, Habib Essid, avait annoncé vendredi dernier, plusieurs mesures visant l'impulsion de l'emploi dans la région et le déblocage de la compagnie de phosphate dont la production s'est arrêtée.

La commission veillera entre autres sur le suivi de la formation, de la mise à niveau et du recrutement direct à la société des phosphates de Gafsa (SPG), selon M. Jendoubi. Elle oeuvrera aussi à satisfaire les besoins de la CPG en ressources humaines pour la période 2016-2018, estimés à environ 1500 agents.

Un conseil ministériel sera chargé de l'évaluation de l'action de la commission trois mois après sa mise en place, a-t-il ajouté.

"Des mesures qui datent du temps de Ben Ali"

"A Metloui, Redeyef, Mdhilla et Om Laârayes, tous les syndicats et la société civile (...) se préparent à annoncer leur refus de ces mesures qui ne réalisent pas les revendications de la région", a affirmé Houcine Mabrouki, membre de l'UGTT, dans Midi Show sur Mosaïque FM.

"Kamel Jendoubi est le bienvenu mais c'est un très grand dossier qu'il ne faut pas traiter comme les ministres qui l'ont précédés", a-t-il lancé, déplorant des promesses "insuffisantes".

"La plupart de ces mesures sont anciennes et ont été programmées du temps de Ben Ali. Elles ont été bloquées depuis le pouvoir de la Troïka", a déploré de son côté Béchir Laâbidi, membre de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) à Gafsa, dans la même émission.

Selon lui, plusieurs revendications n'ont pas été prises en compte par le gouvernement:

"A Redeyef, il n'y pas d'eau potable, il n'y pas de police ni de garde nationale. Il n'y a pas de conseils municipaux. L'Etat et l'administration tunisiennes sont absentes. Il y a des problèmes sanitaires et environnementaux. 62% de la nappe phréatique va au traitement du phosphate alors que nous restons sans eau".

"Si Kamel Jendoubi qui vient aujourd'hui à Gafsa (...) n'a pas de prérogatives pour prendre des décisions, je lui conseille de rentrer à Tunis", a-t-il lancé.

La région de Gafsa, où une insurrection avait été réprimée dans le sang en 2008 par le régime de Ben Ali, est le théâtre de mouvements sociaux répétés qui perturbent la production des mines de phosphates.

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