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05/05/2016 10h:43 CET | Actualisé 06/05/2017 06h:12 CET

Je n'ai pas été Charlie, je suis Siné

Je ne l'ai jamais rencontré, mais je le sentais si proche que j'en suis étonné. Ses mésaventures avec Charlie Hebdo ont confirmé cet incroyable instinct qui l'a toujours mis du côté du faible

Il y a des gens, comme ça, que tu n'as jamais rencontrés, que tu as seulement lus, en essayant de discerner entre leurs moments de sérieux et ceux où ils déconnent, mais tu sens toujours qu'ils sont des nôtres, comme si on avait toujours vécu avec eux.

Est-ce leur sincérité qui les rend si proches? leur liberté de ton? Le fait qu'il sont toujours du côté du plus faible, du plus vulnérable? Est-ce parce que leur irrévérence est systématiquement orientée contre les puissants, les arrogants, ceux d'en haut? Est-ce parce qu'ils refusent les limites et les barrières imposées parce les directeurs de conscience et les faiseurs d'opinion?

Est-ce ce côté don Quichotte qui les habite, et leur fait perdre toutes les guerres dans lesquelles ils se sont lancées?

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Ce n'est pas la mort qui va pousser à dire du bien de Siné. C'est sa vie. Son oeuvre. Son parcours. Il fait partie de ces gens qui ont prouvé que l'humour était quelque chose de très sérieux.

A la différence d'autres caricaturistes dont les dessins étaient des éditos lourds de sens, Siné se livrait à l'état brut et se retrouvait, de manière, du côté du plus faible, du côté de celui qui avait besoin d'aide. Son existence même est un acte militant.

Je ne l'ai jamais rencontré, mais je le sentais si proche que j'en suis étonné. Ses mésaventures avec Charlie Hebdo ont confirmé cet incroyable instinct qui l'a toujours mis du côté du faible.

Je n'ai pas été Charlie, mais là, je peux le dire: Je suis Siné.

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