TUNISIE
22/07/2019 11h:14 CET | Actualisé 22/07/2019 11h:14 CET

"Je chante l'amour au milieu de cette guérilla": Quand le chef du gouvernement cite Soolking

Un message bien plus politique qu'il n'y parait...

Facebook/Festival International de Carthage

Alors que le rappeur algérien Soolking se produisait dimanche au Festival International de Carthage, en présence du chef du gouvernement Youssef Chahed, ce dernier tweetait un message à la référence politique après la soirée,

“Je chante l’amour au milieu de cette guérilla” tweetait ainsi Youssef Chahed citant Soolking et faisant probablement un clin d’oeil à la situation politique du pays.

Alors que l’amendement de la loi électorale, proposée par le gouvernement, n’a pas été signé et promulgué par le président de la République, Youssef Chahed semble adressé un message subliminal à ce dernier,

Adopté par l’Assemblée des représentants du peuple, un recours contre l’amendement de la loi électorale avait été effectué par 51 députés devant l’Instance Provisoire de Contrôle de Constitutionnalité des Projets de lois. Celle-ci avait rejeté ce recours, donnant ainsi la possibilité au président de la République soit de le renvoyer pour une deuxième lecture à l’ARP, soit d’avoir recours à un référendum, soit de le signer et le promulguer. Or après le délai légal imparti, ce dernier ne fit rien, obligeant l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) à appliquer la loi électorale dans sa version non amendée.

L’amendement de la loi électorale adopté par les députés qui modifie ainsi les règles du jeu en pleine année électorale est une loi qui peut exclure de nombreux candidats ou listes à la course aux élections.

Parmi les principaux points adoptés figurent la baisse du seuil électoral de 5 à 3%, la suppression de l’exclusion des ex-RCD de la direction des bureaux de vote, le refus des candidatures et annulation des résultats des candidats ou des listes ayant exercé une activité interdite aux partis politiques durant l’année précédant le scrutin ainsi que l’exclusion de tout candidat ayant un discours en contradiction avec les règles de la démocratie et les principes de la constitution.

Cet amendement avait soulevé un tollé, notamment de la part de Nabil Karoui, fondateur de la chaine privée Nessma Tv et candidat à l’élection présidentielle mais également de l’association 3ich Tounsi et de la présidente du Parti Destourien Libre Abir Moussi, s’estimant lésés par la nouvelle mouture de la loi électorale.

Soutenir la culture sous toute ses formes

 

Présent à la soirée de Soolking, le chef du gouvernement a salué le “programme culturel riche” proposé par les différents festivals sur l’ensemble du territoire tunisien.

“Nous avons consacré un grand budget pour la Culture et pour les festivals cette année (...) La Culture est extrêmement importante. Nous luttons aujourd’hui contre le terrorisme et la Culture fait partie des outils de cette lutte. J’espère que les Tunisiens iront nombreux aux festivals a-t-il indiqué.

Frôlant les 300,146 MD, le budget du ministère des Affaires Culturelles pour l’année 2019 enregistre une évolution de 13,4% par rapport à l’année écoulée. Ce montant couvre principalement les dépenses de gestion du développement et les dépenses des trésoreries.

Ce budget ne dépasse pourtant pas les 0,73% du budget global de l’État.

La plupart des élus avaient contesté ce montant du budget alloué à la Culture, dès lors qu’il constitue un secteur clé. De leurs avis, consacrer uniquement 0,73% à la culture est “insuffisant et en deçà des besoins réels de ce secteur”. Malgré ces réserves, ils avaient approuvé en masse ce budget.

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