MAROC
15/04/2018 18h:30 CET

Jazzablanca 2018: Rencontre avec le "beatmaker" et producteur français Guts (INTERVIEW)

Rencontre avec un vétéran du hip-hop.

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JAZZABLANCA - Pour cette 13e édition, le festival Jazzablanca a offert à son public une programmation plus diversifiée que jamais. Un des symboles de cette diversité, la présence du DJ français Guts. 

Fabrice Henri, alias Guts, était invité sur la scène du Village Samsung, samedi soir, et y sera à nouveau ce dimanche 15 avril. Le beatmaker et producteur français est un véritable “enfant” du hip-hop, se passionnant pour cette musique dans les années 80, alors qu’elle en était encore à ses débuts. Il vie alors “en direct” l’évolution du genre.

A l’occasion de sa participation à Jazzablanca, HuffPost Maroc est allé à sa rencontre. “L’enfant de la balle” est revenu sur sa carrière, sa musique, et ses inspirations:

HuffPost Maroc - Pourquoi avoir choisi Guts comme nom de scène?

Fabrice Henri: Au début, c’était un peu une blague, une espèce de signature pour faire les “cons” dans la rue, “marquer notre territoire”. J’ai trouvé Guts par hasard et puis c’est resté. Mais, il n’y a rien de très profond ou de particulier à travers ce nom.

Dans quel genre classifieriez-vous votre musique ?

Je la qualifie de purement hip-hop. Mais le hip-hop est un genre musical qui est tellement large, tellement ouvert, varié et vient s’influencer de toutes les musiques. On va puiser dans toutes les musiques du monde et, après, on recycle. Donc, s’il y a une couleur prédominante dans ma musique, c’est le hip-hop, mais avec toutes ses variantes et ouvertures.

Vous faites beaucoup de sets dans les festivals de jazz, quelle influence  ce genre-a-t-il sur votre musique ?

S’il y a bien une musique qui a inspiré le hip-hop au tout début, c’est surtout la soul, un peu de funk et le jazz. Ce dernier et le hip-hop sont très connectés depuis le début. Il y a tellement de projets où ces deux genres ont été mélangés, où on a invité des musiciens de jazz à faire des musiques plus hip-hop, et cela s’est fait très tôt, même dans les années 80. Le jazz a complètement nourrit le hip-hop.

 

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Vous avez commencé à faire du hip-hop dans les années 80-90. Comment avez-vous vécu l’évolution de ce genre depuis?

Maintenant, le hip-hop, c’est carrément les meilleures ventes dans l’industrie musicale. J’ai eu le privilège incroyable d’être spectateur et acteur de cette évolution. Au début, c’était embryonnaire avant de passer au stade explosif et d’être récupéré par toute l’industrie, les majors, les médias, le business. J’ai vécu cette évolution avec passion et c’est quelque chose dont je suis très fier. Très jeune, à 16 ans, j’ai été piqué par le hip-hop, et, aujourd’hui, j’ai 47 ans et cette musique reste incontournable.

Quelle était la particularité de cette musique quand vous l’avez découverte dans votre adolescence?

Quand j’avais 16 ans le hip-hop était carrément électro. Il y a eu une évolution dans la partie technique, dans les années 80. Du coup, les artistes de hip-hop ont utilisé ces instruments techniques pour éviter de s’entourer de musiciens. Au début, cela sonnait un peu électro, avec un peu de sample et cela a donné naissance à des projets assez hip-hop électro et minimalistes.

Comment avez-vous connu ce festival ?

Je le connaissais de nom, j’en ai entendu parler en bien. Au festival, je suis agréablement surpris par la programmation, le lieu, le site qui est très joli. C’est un très beau festival, en tous cas!

Quels messages essayez-vous de faire passer avec votre musique ?

Ce que je fais passer avec ma musique, c’est, d’abord, une vibration. J’aime le côté musico-thérapie. La musique a des vertus qui peuvent vous faire sentir bien, alléger le poids de vos soucis et carences, vous égayer... Evidemment, à travers ma culture hip-hop, j’aime bien pouvoir mettre de la légèreté et un peu plus de “conscient”. Le hip-hop, c’est joindre les deux: faire la fête et s’oublier, mais, parfois, être dans le raisonnement et message.