MAROC
21/04/2018 20h:23 CET | Actualisé 21/04/2018 20h:24 CET

Jidar: L'énergie positive de l'art urbain avec Ghizlane Agzenai

Et son tableau très grand format.

Tom GAGNOU

ART URBAIN - Parmi les douze fresques réalisées par les artistes participant à la 4e édition du festival Jidar, impossible de ne pas remarquer celle qui recouvre désormais la façade du musée Mohammed VI de Rabat. Ses lignes géométriques et sa mosaïque multicolore se fondent parfaitement dans le paysage urbain rbati. À l’origine de cette oeuvre, Ghizlane Agzenai, l’unique artiste marocaine de cette nouvelle édition.

Cela fait cinq ans que la Tangéroise de 29 ans fait de la peinture. Autodidacte, c’est à Berlin qu’elle découvert les joies du street art. “Au début, j’ai commencé par des illustrations et puis j’ai eu la chance d’aller à Berlin pour travailler avec les artistes urbains Low Bros”, explique la jeune femme. “Cette expérience avec eux m’a permis d’apprendre et de beaucoup évoluer. C’est à partir de 2016 que mon style a commencé à devenir très géométrique”.

La ville allemande accueille deux de ses expositions et précise son univers d’artiste urbaine, désormais reconnaissable à ses totems colorés aux formes géométriques futuristes, qu’elle décline à l’infini et qu’elle éparpille au gré de ses voyages. “Ce que j’aime le plus dans l’art urbain c’est le partage et le contact direct avec le public. J’aime que mon art soit accessible à tout le monde, j’ai une grande envie de partage. Pour moi c’était une évidence d’aller directement dans la rue”, confie l’artiste.

Tom GAGNOU
L'artiste a utilisé pas moins de huit pots de peinture pour réaliser son oeuvre.

Un totem plus complexe

Pour réaliser cette toile de rue de près de 7,5 mètres de hauteur sur 6,84 mètres de largeur, Ghizlane a travaillé pendant cinq jours et utilisé pas moins de huit pots de peinture. Cette réalisation exceptionnelle sous forme de totem est censée véhiculer une énergie positive. “C’est un totem beaucoup plus complexe que ceux que j’ai l’habitude de faire dans la rue. On retrouve beaucoup de formes géométriques, davantage de couleurs vibrantes et toutes ces formes s’emboîtent les unes avec les autres avec cette idée d’énergie qui circule”, éclaire l’artiste peintre.

Si cette dernière a choisi la symbolique du totem comme canal d’expression, c’est pour une raison bien particulière: “C’est un objet qui représente un esprit bienveillant. J’ai toujours voulu partager une énergie positive et optimiste par le biais de mon art. De ce fait, le totem est venu à moi presque intuitivement, il me permet de véhiculer ce que je ressens”.

Avant d’entreprendre l’énorme travail de la fresque, l’artiste a débuté ses travaux dans l’espace public avec des totems en papier. Elle a d’ailleurs exposé dans les ruelles sinueuses de la médina de Rabat. Au total, dix totems sont accrochés. Ces installations permanentes apportent une touche colorée aux murs de la capitale marocaine.

Soulaymane Elmiri
Ghizlane Agzenai posant devant son oeuvre.

Sur les quatre femmes qui ont participé à l’événement, Ghizlane est la seule à représenter le Maroc, chose dont elle se réjouit: “Je suis contente de représenter les femmes dans ce festival. C’est important qu’il y ait une parité avec les hommes, surtout dans le domaine de l’art urbain où il n’y a pas forcément beaucoup de femmes”.

En fin d’année, Ghizlane Agzenai exposera à Casablanca. Elle compte poursuivre cette démarche de partage à travers divers festivals dans le monde entier.