MAGHREB
11/03/2014 06h:11 CET | Actualisé 11/03/2014 06h:24 CET

Jabeur Mejri à l'Express: "Je ne me vois plus vivre dans ce pays"

Amnesty International
Jabeur Mejri:

Libéré le 4 mars dernier après deux années derrière les barreaux, Jabeur Mejri a accordé une interview à lexpress.fr

"Je ne me vois plus vivre dans ce pays qui souffre d'énormément de maux dont le plus grave est l'hypocrisie", a avoué Jabeur Mejri. L'ancien prisonnier a annoncé sa décision de répondre à la proposition d'accueil de la Suède.

"Je ne ressens plus d'appartenance au pays. La Tunisie ne réfléchit pas à ses enfants, elle ne me fait pas ressentir que je suis citoyen", poursuit-il.

"Dès la chute d'Ennahdha, j'ai été libéré"

Pour Jabeur Mejri, sa libération est due à la "chute d'Ennahdha".

"J'étais certain que je serai libre le jour où Ennahdha et les Frères musulmans ne seraient plus au pouvoir", insiste-t-il, affirmant être encore "la cible d'imams extrémistes".

"Je ne me suis fait aucun ami en prison"

Lors de l'interview menée par Karim Ben Saïd, Jabeur Mejri est revenu sur ses deux années de détention. Il dit avoir été rejeté par les autres détenus et les gardes qui "le regardaient de travers".

Deux années d'incarcération durant lesquelles Jabeur Mejri raconte brièvement sa solitude, "amplifiée par les psychotropes".

Jabeur Mejri déclare également avoir été "maltraité" et "torturé", à la suite de son arrestation, pour l'obliger à signer des aveux. "La justice est de toute évidence politisée", estime-t-il.

"Je suis fatigué"

Après avoir évoqué ses différends avec son co-accusé, Béji Ghazi, qu'il accuse d'avoir colporté des rumeurs contre lui, l'ancien détenu déclare vouloir "démarrer une nouvelle vie".

"Je n'ai pas l'intention de devenir un militant pour la liberté d'expression, je suis fatigué", conclut-il.

Vous pouvez retrouver l'interview complète sur lexpress.fr

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