MAGHREB
21/05/2014 12h:35 CET

Tunisie: Les 8 mois de prison pour Jabeur Mejri confirmés en appel

ysopé

Jabeur Mejri, libéré en mars après deux ans de prison pour la diffusion de dessins jugés blasphématoires, a vu sa peine de huit mois de prison pour outrage à fonctionnaire confirmée mercredi en appel.

Mejri a été condamné "à la même peine qu'en première instance", a déclaré son avocat Ahmed Mselmi à l'AFP.

Le jeune homme avait été placé en détention le 17 avril pour avoir insulté le greffier d'un tribunal après un imbroglio autour de la date d'une convocation de M. Mejri devant le juge d'instruction.

Son comité de soutien a dénoncé mercredi "l'acharnement judiciaire" contre le jeune homme.

"Il est clair (...) qu'il y a une volonté délibérée de ne pas accéder à la grâce présidentielle et de garder coûte que coûte Jabeur en prison afin de lui faire chèrement payer sa liberté d'expression, et dissuader toute nouvelle tentative", a estimé le comité dans un communiqué.

Jeune chômeur de Mahdia (150 km au sud de Tunis), Jabeur Mejri avait été condamné en 2012 à sept ans et demi de prison pour avoir diffusé sur internet des textes et dessins considérés comme insultants pour l'islam et le prophète Mohamed.

Le code pénal ne réprimant pas le blasphème, il avait été condamné pour des chefs de trouble à l'ordre public.

Après deux ans de prison, il a été libéré en mars 2014 à la suite d'une grâce présidentielle.

Mais alors que la présidence annonçait cette mesure, M. Mejri a été informé qu'il était poursuivi dans une autre affaire, pour le détournement supposé d'environ 760 euros à la SNCFT (chemins de fers tunisiens), une affaire qui remonte à plusieurs années lorsqu'il travaillait à temps partiel au guichet d'une gare.

Ce dossier, toujours en instruction, est considéré par ses défenseurs comme du harcèlement judiciaire, alors que nombre d'ONG de défense des droits de l'Homme le considéraient comme le premier prisonnier politique tunisien de l'après-révolution.

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