ALGÉRIE
07/03/2016 04h:14 CET | Actualisé 07/03/2016 04h:20 CET

Renzi ne refera pas les erreurs de Sarkozy et Cameron et n'enverra pas 5000 soldats italiens en Libye

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Matteo Renzi avec Bill Clinton en novembre 2015

L’Italie, ancien occupant de la Libye, sur le point d’y reprendre pied en dirigeant une intervention militaire occidentale ! La rumeur était persistante avant d’être pratiquement "confirmée" vendredi par l’ambassadeur américain à Rome, John Phillips qui a déclaré dans les colonnes du Corriere della Sera que l’Italie pourrait déployer "jusqu'à 5.000" soldats en cas d'intervention militaire en Libye.

Le Corriere della Sera a affirmé jeudi qu’une "cinquantaine d’hommes devrait partir en Libye dans les prochaines heures pour s’ajouter aux unités spéciales françaises, britanniques et américaines."

La Repubblica évoquait de son côté des préparatifs de "l’opération la plus massive jamais réalisée depuis 1943 " composée de 3 000 à 7 000 hommes, dont deux tiers d’Italiens

Dimanche, sur la chaîne Canale 5, le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a douché les ardeurs des va-t-en-guerre en démentant les affirmations de l’ambassadeur américain au sujet de l’envoi de 5000 soldats italiens.  

La guerre est un mot terrible, ce n’est pas un jeu vidéo" a-t-il indiqué. "Tant que je serai président du Conseil, l'Italie n'ira pas en Libye pour une invasion avec 5.000 hommes" a-t-il déclaré.

"S'il y a nécessité d'intervenir, l'Italie ne se dérobera pas. Mais ce n'est pas la situation aujourd'hui. L'idée d'envoyer 5.000 hommes n'est pas sur la table", a ajouté Matteo Renzi.

Ne pas "répéter les erreurs du passé"

Le président du conseil italien a insisté qu’une action éventuelle en Libye passait par la réunion de deux conditions préalables : la mise en place d’un gouvernement d’union légitime en Libye et une demande formelle d’aide internationale formulée par ce dernier.

Pour Matteo Renzi, il ne faut "répéter les erreurs du passé" en évoquant précisément l’intervention militaire occidentale en 2011 où la France et la Grande-Bretagne étaient les plus actifs. On ne peut pas aller à la guerre avec "légèreté" a-t-il déclaré.

"Si la Libye est dans cette situation difficile, c'est parce que des politiciens - non pas italiens mais français - ont eu l’idée lumineuse de programmer une intervention sans penser à la suite. Vous ne pouvez pas répéter cette erreur".

En Libye, un rejet général

Le démenti de Matteo Renzi est d’autant plus sage que les réactions en Libye, de la part des deux gouvernements de Tripoli et Tobrouk, sont franchement hostiles à un retour de l’ancien occupant.

Le ministre des affaires étrangères du gouvernement de Tripoli, Ali Abouzaakouk, a déclaré que le gouvernement du salut rejette "absolument toute intervention militaire en Libye sous n’importe quel prétexte ou alibi."

Le ministre de l’intérieur du gouvernement de Tobrouk (reconnu au plan international), Mohamed Madani Al-Fakhri a accusé implicitement l’Italie de vouloir occuper la Libye. "Il y a des Etats occidentaux qui soutiennent Daech en Libye, que celui qui veut occuper la Libye le dise ouvertement."

Dans une déclaration au journal El Khabar, le chef du conseil de l’information extérieur du gouvernement de Tripoli, Djamal Zoubya, a promis de combattre toute intervention extérieure.

"C’est notre terre, notre souveraineté et notre dignité, qui y entre de force serait combattu.". L’envoi de 5000 hommes pour sécuriser Tripoli, selon les propos de l’ambassadeur américain à Rome, n’a "aucun sens.. Ce genre de choses se dit pour le jeu de PlayStation » a-t-il ironisé.

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