ALGÉRIE
05/11/2018 11h:52 CET

Israël veut assouplir les conditions de condamnation à mort des Palestiniens de Cisjordanie (médias)

Si le texte de loi proposé par l’extrême droite est définitivement entériné par les députés, les condamnations à la peine capitale pourront être prononcées par tribunaux militaires en Cisjordanie occupée à la majorité simple des juges, et non plus à l’unanimité comme c’est le cas aujourd’hui. Il ne sera pas non plus possible que la peine de mort pour crime terroriste soit commuée en peine d’emprisonnement

Anadolu Agency via Getty Images

Benyamin Netanyahou, rapportent des médias israéliens et palestiniens, a donné son accord pour l’adoption d’une loi assouplissant les conditions de condamnation à la peine capitale des « terroristes », et ce, lors d’une réunion tenue hier des partis composant la coalition au gouvernement.

Selon ce projet de loi, les condamnations à la peine capitale pourront être prononcées par les tribunaux militaires en Cisjordanie occupée à la majorité simple des juges et non plus à l’unanimité, comme c’est le cas aujourd’hui. Il ne sera pas non plus possible que la peine de mort pour crime terroriste soit commuée en peine d’emprisonnement.

La législation israélienne n’interdit pas les condamnations à la peine capitale mais comme nombre d’autres Etats, Israël observe un moratoire pour les exécutions.

 

Un appel au crime” selon les Palestiniens

Le gouvernement palestinien a immédiatement réagi aujourd’hui qualifiant l’attitude du Premier ministre israélien d’ “appel public à commettre des crimes contre les Palestiniens”. Dans une déclaration rapportée par l’agence de presse palestinienne Wafa, son porte-parole Youssef al-Mahmoud a estimé que Benyamin Netanyahou entendait, par cette attitude, “mettre au crime les habits de la loi dans le but d’exterminer notre peuple ”.

“Le chef du gouvernement de l’occupation et ses acolytes assumeront la responsabilité des retombées d’une telle effroyable décision”, a ajouté Youssef al-Mahmoud.

 

“Cela peut être s’avérer contre-productif”

Déposé par le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, leader du parti d’extrême droite Israël Beiténou (Israël est notre maison), le projet de loi en question a déjà été adopté en lecture préliminaire le 3 janvier 2018 par le parlement israélien (la Knesset). Il doit être entériné en trois lectures avant qu’il ne puisse entrer en vigueur.

Le ministre de la Défense israélien a justifié son projet de loi il y a quelques mois par le fait qu’il sera, à son avis, “un puissant moyen de dissuasion des terroristes”. Ce n’est pas l’avis de hauts responsables sécuritaires israéliens. Pour le chef du Shin Beth (service chargé de la “sécurité intérieure”, par exemple, il peut même s’avérer contre-productif et provoquer une vague d’enlèvements de Juifs dans le but d’obliger l’Etat d’Israël à libérer des Palestiniens condamnés à mort pour “terrorisme”