ALGÉRIE
17/07/2018 14h:27 CET

Israël renforce le blocus sur Gaza

La crise humanitaire s'exacerbe dans l'enclave

SAID KHATIB via Getty Images

Israël a renforcé encore davantage le blocus sur la bande de Gaza prétextant les cerf-volants incendiaires lancés ces derniers mois depuis l’enclave palestinienne.

Trois jours après la pire confrontation armée entre Israël et le mouvement de résistance Hamas depuis la guerre de 2014, le ministère de la Défense israélien a suspendu mardi les livraisons de fioul et de gaz via Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et l’enclave. 

La semaine dernière, Israël avait déjà annoncé la fermeture immédiate de ce point de passage alors que le Hamas dénonçait un “crime contre l’humanité”. 
Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, est soumis à un strict blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël. 

Le renforcement de ce blocus intensifie la pression sur les millions d’habitants de cette petite enclave dont la situation humanitaire est déjà précaire. 80% des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale. 

Rafah, l’autre point de passage des biens vers Gaza ouvrant vers l’Egypte, était aussi fermé mardi matin, a constaté un journaliste de l’AFP, sans qu’une confirmation officielle en détaille les raisons. 

Il était fermé de manière quasi-permanente depuis quelques années. 

“Tuer les incendiaires”

Depuis plus d’une semaine, Israël durcit sa réponse aux cerfs-volants et ballons enflammés lancés depuis Gaza, qui ont déjà dévoré plus de 2.600 hectares de terres israéliennes, selon les autorités. 

Après les pierres, le cerf-volant et sa déclinaison incendiaire sont devenus le symbole de la mobilisation palestinienne, embarrassant les dirigeants israéliens qui ne parviennent pas à stopper les dégâts causés par ces engins artisanaux, le plus souvent fabriqués avec un morceau de bois, du plastique et des tissus enflammés. 

Ces projectiles incendiaires accompagnent les manifestations de Gazaouis qui protestent le long de la barrière qui sépare Israël de Gaza depuis le 30 mars contre le blocus et pour exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui de leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.

Au moins 144 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le début de ce mouvement. Aucun Israélien n’a été tué.

En visite lundi dans les localités voisines de la bande de Gaza, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a rappelé que son pays considérait les cerfs-volants enflammés comme des violations du cessez-le-feu avec le Hamas. 

“Si je ne me fais pas comprendre par les mots, le message sera clarifié par des actions de l’armée”, a-t-il prévenu. 

“Jouer avec le feu” 

Lundi, l’armée israélienne a bombardé la bande de Gaza à deux reprises. Ces dernières semaines, les bombardements israéliennes étaient surtout dissuasives, ciblées à proximité des lanceurs de projectiles enflammés. 

“L’occupation israélienne a exagéré les dégâts causés par les cerfs-volants et les ballons, afin de justifier son attaque contre Gaza”, a estimé Sami Abou Zohri, un porte-parole du Hamas dans un communiqué. 

“L’occupation israélienne joue avec le feu si ses avions de guerre visent les lanceurs de cerfs-volants”, a-t-il averti. 

Pour Israël, le Hamas a la capacité de stopper les cerfs-volants. 

Samedi, Israël a mené des dizaines de raids aériens, en réponse aux manifestations le long de la barrière qui le sépare de la bande de Gaza. Ces frappes ont tué deux adolescents palestiniens de 15 et 16 ans.

Le Hamas a annoncé plus tard qu’un cessez-le-feu avait été conclu grâce à une médiation égyptienne. Depuis, quelques échanges de tirs seulement sont venus troubler le calme précaire. 

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