ALGÉRIE
09/12/2018 12h:14 CET

Israël intensifie sa campagne contre l’Iran à la faveur de la "crise des tunnels" avec le Liban

Les Israéliens ont annoncé avoir découvert deux autres tunnels, creusés selon eux par le Hezbollah, sous la frontière libano-israélienne. Le gouvernement Hariri s’est contenté, pour l’instant, d’en appeler à l’ONU contre une éventuelle action hostile israélienne. Un incident frontalier survenu hier souligne l’ampleur de la tension entre le Liban et Israël.

ALI DIA via Getty Images

Un second tunnel creusé sous la frontière avec le Liban a été découvert, ont annoncé hier les autorités militaires israéliennes. Elles n’en ont pas, toutefois, révélé l’emplacement, invoquant des “raisons de sécurité”.

Ce tunnel n’était pas opérationnel et ne constituait pas encore de menace, ont-elles précisé par la voix de leur porte-parole, le lieutenant-colonel Jonathan Conricu, ajoutant qu’il a été miné afin d’empêcher des infiltrations de “terroristes”.

L’armée israélienne a connaissance d’un troisième tunnel reliant le sud du Liban à Israël mais n’en a pas encore situé l’emplacement avec exactitude, a encore affirmé ce porte-parole militaire.

Hier samedi, a rapporté l’Agence nationale libanaise d’information, une unité militaire israélienne a ouvert le feu, près de la frontière, sur une unité de l’armée libanaise qui patrouillait à l’intérieur de la ligne bleue du côté libanais. Les tirs, a-t-elle précisé, n’ont pas fait de victimes.

Nouvelle campagne contre l’Iran

Pour rappel, l’armée israélienne a annoncé mardi dernier avoir découvert un premier tunnel reliant le territoire libanais au nord de l’Etat hébreu. L’existence de ce passage souterrain a été confirmée deux jours plus tard par la Force intermédiaire des Nations Unies au Liban (FINUL).

Israël impute la responsabilité du creusement de ces tunnels à son ennemi juré libanais, le parti chiite Hezbollah, contre lequel elle a mené en 2006 une guerre destructrice sans pour autant l’affaiblir durablement. Elle appelle la FINUL à les bloquer du côté libanais de la frontière.

La découverte de ces passages souterrains a fourni à l’Etat hébreu l’opportunité d’intensifier sa propagande hostile à l’Iran, principal soutien du Hezbollah. Ainsi, le 6 décembre 2018, le Premier ministre israélien Benyamine Netanyahou s’est réuni avec quelques ambassadeurs accrédités à Tel Aviv près des lieux où l’armée s’employait à neutraliser le premier tunnel découvert, soulignant que celui-ci est une “manifestation de l’agression menée par l’Iran dans la région”.

Quasi-silence libanais

Le Hezbollah n’a pas encore réagi aux accusations israéliennes. Des “sources informées” citées par le quotidien panarabe Al Sharq al Awsat ont expliqué son silence par son refus “d’être entraîné à donner [aux Israéliens] des informations à caractère secret ou stratégique”.

Du côté du gouvernement Hariri, en butte à une forte pression d’Israël qui lui impute la responsabilité politique du creusement de ces tunnels, la seule réaction enregistrée se résume, pour l’instant, à celle du ministre des Affaires étrangères Jibrane Bassil : celui-ci a déclaré jeudi dernier avoir instruit le représentant libanais à l’ONU de déposer une plainte contre l’Etat hébreu qui, d’après lui, mène une campagne diplomatique et politique à l’encontre du Liban en prévision d’une agression militaire.

Aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté du chef du gouvernement, Rafik Al Hariri, pas même après la confirmation par la FINUL de l’existence du premier passage souterrain que l’armée israélienne a affirmé avoir découvert.

Les Libanais mettent en doute le récit israélien sur ces tunnels. Une source sécuritaire citée hier par le journal Al Joumhouria a assuré qu’il s’agissait « de vieux passages souterrains abandonnés, à moitié effondrés, qu’Israël a déjà annoncé avoir découvert par le passé ».