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07/08/2014 10h:08 CET | Actualisé 07/10/2014 06h:12 CET

Israël: L'extrême droite aux manettes

Netanyahu a lancé depuis le 8 juillet dernier une offensive meurtrière sur Gaza qui a coûté la vie, jusqu'à présent, à près de 1.900 personne (70% de civils) et a fait plus 9.500 blessés. Et d'après un sondage du journal israélien Haaretz, 77% des israéliens estiment que leur Premier ministre a mené l'opération "Bordure protectrice" de manière "excellente"!

Netanyahu a lancé depuis le 8 juillet dernier une offensive meurtrière sur Gaza qui a coûté la vie, jusqu'à présent, à près de 1.900 personne (70% de civils) et a fait plus 9.500 blessés. Et d'après un sondage du journal israélien Haaretz, 77% des israéliens estiment que leur Premier ministre a mené l'opération "Bordure protectrice" de manière "excellente"!

Une élite politique extrémiste

Aux dernières élections législatives de janvier 2013, la droite et l'extrême droite israéliennes sont arrivées en tête, avec 31 sièges pour la liste commune Likoud - Israel Beiteinou. Les deux partis sont dirigés respectivement par Benyamin Netanyahu, Premier ministre, et Avigdor Liberman, ministre des Affaires étrangères. Ajoutons à cela une trentaine de sièges pour les alliés "naturels" du Likoud: 12 sièges pour "Foyer Juif" de Naftali Bennett (parti ultranationaliste représentant les colons), 11 sièges pour le SHAS (ultra-orthodoxes séfarades) et 7 pour "Judaïsme Unifié de la Torah" (ultra-orthodoxes ashkénazes).

Malgré une légère majorité à la Knesset, le gouvernement formé à l'issu de ces élections est très à droite. Sur les 30 ministres et ministres délégués que compte ce gouvernement, 11 sont du Likoud, six d'Israël Beiteinou et cinq du "Foyer Juif". C'est sans doute le gouvernement le plus radical depuis la naissance de l'État hébreu!

En effet, si on jette un coup d'œil sur les ministres, on retrouve bien entendu Liberman, connu pour sa xénophobie et ses dérapages verbaux, aux Affaires étrangères. Moshé Yaalon, ministre de la Défense, farouchement opposé à la création d'un État palestinien tout comme Bennet, le ministre de l'Industrie. Sans oublier Uri Ariel du "Foyer Juif", membre du "conseil des colonies" et ministre du... Logement!

Une population tentée par la violence

Ce constat s'explique par une droitisation de la société israélienne, qui a commencé au début des années 2000 avec la deuxième Intifada, mais surtout, après qu'Ehud Barak ait tout fait pour discréditer Yasser Arafat aux yeux de l'opinion publique israélienne, en lui faisant croire qu'Israël n'a plus de partenaire sérieux pour construire la paix avec les palestiniens.

Cette radicalisation s'exprime comme on l'a vu lors des élections, mais aussi dans la vie de tous les jours, dans la presse et les réseaux sociaux. Le déchaînement de haine et les appels au meurtre suite à l'assassinat des trois jeunes colons en juin dernier, nous montre à quel point une grande partie de la société israélienne, et surtout les jeunes, a sombré dans l'intolérance, l'extrémisme et la violence.

Il n'est pas étonnant de ce fait de voir des responsables politiques, qui tiennent régulièrement des propos extrêmement violents à l'égard des Palestiniens et des arabes, finir avec un siège de député ou même un portefeuille ministériel.

Stratégie dangereuse

Au-delà de l'accord entre le Likoud et Beiteinou, Netanyahu s'est de tous temps entouré de collaborateurs ancrés dans les courants extrémistes. C'est le cas de Ayelet Shaked, son ancienne directrice de cabinet entre 2006 et 2009, actuelle député du "Foyer Juif" et qui a appelé récemment au meurtre de toutes les mères palestiniennes. Mais aussi Naftali Bennet, Chef du bureau de campagne du Likoud entre 2006 et 2008, ou Moshé Yaalon Vice premier ministre dans le deuxième gouvernement Netanyahu.

Qualifié en 2011 de "menteur" par Sarkozy, le plus pro-israélien de tous les présidents français, Netanyahu n'est pas très apprécié des leaders occidentaux, qui lui reprochent notamment son alignement sur des positions indéfendables, comme la poursuite de la construction des colonies. Sa stratégie qui consiste à décrédibiliser Mahmoud Abbas et le Fatah a largement renforcé les courants ultranationalistes israéliens, mais aussi les extrémistes palestiniens, éloignant encore plus une éventuelle relance du processus de paix.