ALGÉRIE
25/03/2019 13h:58 CET | Actualisé 25/03/2019 13h:59 CET

Invitée du Forum Liberté, Louiza Hanoune : "la conférence nationale est un faux alibi pour faire perdurer le régime"

Getty Editorial

Invitée du Forum de Liberté, Louiza Hanoune n’a pas dérogé à la règle s’est lancée dans un long monologue perturbée par des problèmes techniques de micro qui ont mis sur les nerfs la patronne du parti.

Pour Mme Hanoune le mouvement populaire qui traverse le pays depuis le 22 février n’a rien à voir avec le printemps arabe. “Ce n’est pas un printemps arabe, car il n’a pas été fomenté par les officines de la CIA. Il s’agit d’une révolution qui tire ses racines du plus profond de la société algériennes”, a expliqué la patronne du parti des travailleurs. “D’emblée nous avons analysé le processus comme étant un processus révolutionnaire”, a-t-elle déclaré.

Pour preuve, la “fraternisation entre la police et les manifestants était une caractéristique de ce soulèvement pacifique”, a déclaré Mme Hanoune.

Comment expliquer ce soulèvement historique ? Pour la chef du PT, le point de rupture entre le peuple et le régime a eu pour origine la candidature de Bouteflika pour un 5ème mandat. “Le peuple algérien a été très patient durant le 4ème mandat, car il savait que ce n’était pas le Président qui gouvernait et que d’autres centre à l’intérieur et à l’extérieur étaient les vraies décideurs qui décidaient de la politique économique et choisissaient le personnel politique”, a-t-elle déclaré.

Un mouvement populaire autonome ou manipulé comme le laisse croire certains cercles du pouvoir ? Pour Louiza Hanoune, face à la mobilisation historique, il est “impossible qu’un centre occulte dirige un tel mouvement qui rassemble des millions d’algériens”, assure-t-elle et croire le contraire “c’est un mépris et une insulte à l’intelligence et au patriotisme du peuple algérien”, estime-t-elle. 

Mme Hanoune s’est attaquée à l’organisation de la conférence nationale inclusive, contenue dans la lettre du 8 mars du Président Bouteflika. Pour elle s’est “un faux alibi pour faire perdurer le régime, car ils vont choisir les représentants du peuple qui vont participer à la conférence”, a accusé Mme Hanoune “le peuple refuse le replâtrage comme ce fut le cas après les évènements d’octobre 88″   pour éviter toute velléité « d’infiltration » du mouvement ou de “détournement”, elle réitère son appel à la création de comités populaires pour permettre “l’auto-organisation de la société algérienne et préserver le caractère pacifique”.

A la question de savoir pourquoi la patronne du PT insiste sur la création des comités populaires et d’une assemblée constituante, Louiza Hanoune explique que “cette question se pose toujours quand il y a un changement de régime ou de système”. Dernier aveu surprenant de Mme Hanoune, qui est députée sans depuis 1997 et a été candidate à la présidentielle à trois reprises, « toutes les élections sans exceptions, sauf celle de 1991, ont été truquées”. 

Si l’Algérie est traversé par un vent du changement, la leader du PT reste cramponnée à sa base idéologique qui ne semble plus porteur auprès de la population. Lors de la marche du 8 mars, Mme Hanoune a été huée par les manifestants, lui reprochant d’avoir servi le régime pendant 20 ans. Face aux quolibets, elle a dû être exfiltrée par ses militants.