18/06/2019 13h:06 CET | Actualisé 18/06/2019 13h:06 CET

Investissements en hausse, nouveau quartier d'affaires... CFC livre son bilan annuel

Des résultats globalement positifs pour la place financière qui continue d'étendre son influence sur le continent.

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Said Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City Authority, société chargée de la promotion institutionnelle et du pilotage de Casablanca Finance City.

ÉCONOMIE - La place financière Casablanca Finance City (CFC) a présenté, lundi devant un parterre de médias et d’acteurs économiques, les temps forts ayant marqué 2018 et le premier semestre 2019. Des chiffres en hausse annoncés par le directeur général, Said Ibrahimi, mais également une mise au clair sur le rôle de CFC en sa qualité de leader régional en Afrique, où elle mène campagne pour accroître le nombre d’investisseurs étrangers. 

Au cours de l’année 2018 et des premiers mois de 2019, CFC a augmenté son capital grâce à une prise de participation de la région Casablanca-Settat à hauteur de 100 millions de dirhams, a annoncé le DG lors de la conférence de presse. Parmi les chiffres énoncés, le chiffre d’affaires de CFC qui s’est établi à 5,8 milliards de dirhams (MMDH) sur la même période, et le nombre d’employés permanents élevé à 3.943 ( en hausse de 52,2% et 49,6% par rapport à 2017). Des résultats qui dénotent d’un certain dynamisme et d’une vraie emprise des entreprises qui continuent d’étendre leur zone d’influence et leur empreinte sur l’Afrique, a souligné Said Ibrahimi. 

Les contributions fiscales des entreprises labelisées CFC se sont élevées à plus de 785 millions de dirhams en 2018, se répartissant entre les prestataires de services professionnels (34%), les entreprises financières (30%), les sièges régionaux de multinationales (27%) et les sociétés Holdings (9%), a ajouté le DG, précisant au passage que 42% de ces entreprises sont originaires d’Europe, 37% d’Afrique, 12% d’Amérique (du Nord et du Sud), 4% d’Asie et 5% du Moyen-Orient.

“CFC n’est pas un paradis fiscal”

Des précisions qui ont entrainé Said Ibrahimi à éclaircir certains points, notamment l’étiquette de “paradis fiscal” attribuée à Casablanca Finance City. “Casablanca Finance City n’est pas un paradis fiscal”, a lancé de but en blanc le DG. Pour ce dernier, les entreprises étrangères qui s’installent sur la place financière marocaine ne le font plus par intérêt fiscal mais pour se positionner sur un hub régional qui présente de multiples atouts au delà des avantages fiscaux.

“Les entreprises ne viennent pas au Maroc pour sa fiscalité. Celle-ci est même quelconque lorsqu’on on la compare à Dublin, au Luxembourg, à L’île Maurice et je ne parle même pas de Dubai. Ces pays ont une meilleure attractivité fiscale, a-t-il relevé. Attention aux fausses informations qui peuvent nuire à la réputation du pays”. Une mise au point nécessaire pour le patron de CFC suite aux pressions internationales sur les mesures fiscales marocaines dont profitent les zones franches, le secteur de l’exportation et CFC. Dans le collimateur de l’Union européenne, qui liste les paradis fiscaux chaque année, le Maroc stagne en “zone grise” pour son manque de conformité avec la réglementation européenne.

“L’UE pointe du doigt des régimes de taux considérés comme dommageables pour les systèmes économiques tels que les avantages exportateurs et CFC. Dans ce cas, le premier critère qui concerne CFC est relatif au calcul de la base d’imposition des sièges régionaux qui peuvent soit générer un résultat ou être un centre de coût. Le deuxième lien concerne les différences des taux d’IS local vs l’export, une convergence progressive sera donc mise en place, à terme, vers un taux unique ne dissociant plus entre activités locales et celles à l’exporté”, a annoncé Ibrahimi.

La tour CFC opérationnelle 

Autre fait marquant de cette conférence: CFC a annoncé la concrétisation du regroupement physique de ses membres en accueillant dans sa tour, située au sein du nouveau quartier d’affaires CFC, un premier noyau de sa communauté. Quelque 25 entreprises, ainsi que les autorités de régulation du secteur financier, notamment la Direction de la supervision bancaire de Bank Al Maghrib et des représentations de l’Autorité marocaine du marché des capitaux et de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale, prendront leurs quartiers dans ce nouveau centre des affaires.

Moderne et équipée de technologies de pointe, la tour CFC est le premier bâtiment de bureaux au Maroc à obtenir la certification LEED, une référence internationale des bâtiments durables à haute performance. Deux autres bâtiments sont prévus à fin 2020 et permettront de prolonger le mouvement de regroupement des entreprises CFC dans le quartier d’affaires Casa-Anfa.

184 entreprises séduites par Casablanca Finance City

Car la communauté CFC s’agrandit et compte, à ce jour, 184 membres, un chiffre en augmentation de +28% par rapport à fin 2017. Plusieurs entreprises de premier plan ont récemment rejoint la place financière, tels que Orange dont le siège Middle East Africa est à Casablanca, SAP, le leader allemand des progiciels de gestion, et OLAM, le leader singapourien du négoce des produits alimentaires, qui ont tous deux établi leurs sièges régionaux dans la métropole, mais aussi plusieurs fonds d’investissement, dont Neo Themis et Amethis, entre autres.

Depuis la capitale économique, véritable hub régional, la communauté CFC investit de plus en plus en Afrique où ses entreprises évoluent dans 46 pays du continent. La plate-forme d’investissements Africa 50, dédiée aux infrastructures africaines, ambitionne de mobiliser pas moins de 100 milliards de dollars pour l’Afrique et a démarré plusieurs projets notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Le montant global des fonds gérés par les sociétés de gestion depuis CFC pour des projets en Afrique s’élève quant à lui à près de 5 milliards de dollars à date, indiquent les chiffres révélés par le top management lors de la conférence de presse.