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06/06/2018 14h:36 CET | Actualisé 06/06/2018 14h:36 CET

Intrapreneuriat: l’innovation au service des entreprises et de la société

"Les intrapreneurs d’aujourd’hui seront les entrepreneurs de demain."

Hoxton/Tom Merton via Getty Images

ÉCONOMIE - L’intrapreneuriat peut changer un individu, un groupe d’employés, un projet, une dynamique de travail, une mentalité collective, une organisation de société. Entreprendre en interne, c’est avant tout bousculer les codes préétablis dans une entité au profit de la valorisation d’une idée, d’un service ou d’un produit innovant. Bien que cette pratique représentant un nouveau levier de croissance non négligeable pour les entreprises soit chaque jour davantage plébiscitée par leurs dirigeants, l’intrapreneuriat peine à décoller.

Chiffres à l’appui: selon une récente étude réalisée par le cabinet Deloitte en France, moins d’un tiers des grandes sociétés auraient mis en place un programme permettant à leurs collaborateurs de développer leurs propres projets en interne. Pourtant, la demande est forte du côté des employés: 72% des sondés se disent intéressés par l’intrapreneuriat, un moyen efficace et stimulant de booster le chiffre d’affaires et de peaufiner l’image de marque d’une entreprise.

Pourquoi cette pratique fait-elle autant rêver en interne? Pourquoi cette résistance de la part des directions? Pourquoi les entreprises devraient-elles miser sur l’intrapreneuriat?

Innover en interne

Pour se développer et se différencier de ses concurrents, une entreprise doit innover. Sans innovation, pas de progrès. Pour de nombreux spécialistes, les entreprises à succès de demain devront, dans la mesure du possible, savoir utiliser toutes les ressources numériques disponibles pour challenger leurs secteurs d’activité et agir comme des acteurs responsables et engagés pour moderniser et rendre nos sociétés “meilleures”.

Plus que jamais, les collaborateurs sont au cœur de l’évolution de l’entreprise. Ce sont eux qui soutiennent son orientation stratégique et sa transformation. Le grand défi pour les dirigeants: recruter et former les meilleurs talents afin de disposer de nouvelles compétences dans des domaines innovants et leur accorder la liberté nécessaire pour entreprendre des projets qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir.

Accepter l’échec

Il y a 50 ans, la durée de vie moyenne d’une société était de 60 ans. Aujourd’hui, elle est de 15 ans. Dans un environnement incertain où tout va vite, détecter rapidement des opportunités de business, les saisir, les exploiter et rebondir est une qualité d’entrepreneur qui vaut de l’or mais qui ne rassure pas les dirigeants. Entreprendre pour innover est, certes, nécessaire mais certaines structures, surtout les plus fragiles évoluant avec des budgets restreints, ne sont pas prêtes ou ne sont pas en mesure de prendre ce risque.

L’intrapreneuriat: une alternative interne réservée aux grandes structures enregistrant des entrées financières conséquentes et récurrentes? Sûrement. Mais pas seulement. Pour mettre en place un tel programme, au-delà du risque économique qu’il représente, une stratégie interne solide et souple doit être adoptée: intégrer la notion d’intrapreneuriat dans la politique RH de l’entreprise (1), mettre en place un incubateur interne (2), alléger les procédures afin d’encourager l’autonomie et la prise de risque (3) et associer des équipes internes avec d’autres structures (4).

Créer un réseau

Les intrapreneurs d’aujourd’hui seront les entrepreneurs de demain. Investir en interne à moyen terme, c’est miser sur une collaboration externe perdurable sur le long terme. Les experts constatent que de nombreux intrapreneurs demeurent redevables à l’entreprise qui leur a mis le pied à l’étrier et n’hésitent pas à nouer des relations privilégiées durables ou à céder des parts à leurs anciens dirigeants lors de la création de leur start-up. Les chefs d’entreprise ont donc intérêt à valoriser l’intrapreneuriat aussi bien pour le bien-être et la productivité de leurs employés que pour les futures retombées économiques qu’ils pourraient leur rapporter.

Success story

Sportifs amateurs, passionnés, athlètes de haut-niveau, pouvoirs publics, entreprises, associations… Nombreuses sont les personnes, institutions et marques qui feront des Jeux Olympiques de Paris 2024 un événement mémorable qui dépassera la simple sphère sportive. Si les gradins ne commenceront qu’à se remplir dans six ans, l’Elysée s’attelle d’ores et déjà à rassembler tous les acteurs de ce rendez-vous pour déterminer des plans d’organisation, logistique, budgétisation et stratégie commune visant à faire rayonner l’image de la France sur la scène internationale.

Dans ce contexte collaboratif, persuadés que le sport représente un véritable vecteur de progrès économique et social, Eloi et Rémi, deux jeunes intrapraneurs de PwC France et Afrique francophone, se sont lancés un défi de taille: mettre le sport au service de la société en prouvant que le sport est porteur de valeurs profondes autour de l’éducation, l’environnement, la santé, la cohésion sociale et le bien-être général.

Leur méthode: mettre en place un programme baptisé Ambitions2024 en partenariat avec l’un des premiers incubateurs au monde de start-up dédiés au sport. Leur objectif: profiter des Jeux pour faire de la France une grande nation du sport, moderniser davantage cette industrie et développer la pratique d’activités physiques en entreprise.

Innovation, collaboration, implication, confiance de la direction pour un projet intrapreneurial au service du sport, de la société et, plus largement, de l’économie… Une success story qui montre qu’entreprendre paie et peut révolutionner nos modèles d’entreprise.