MAROC
14/02/2019 15h:57 CET

"Un poète dans la ville", la dernière exposition haute en couleurs de Rebel Spirit (ENTRETIEN)

Il nous parle de son exposition, de ses collaborations et de ses futurs projets.

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CULTURE - Artiste plasticien, auteur de bandes dessinées, musicien et mordu de street art, Mohammed El Bellaoui, alias Rebel Spirit, est un jeune casablancais qui accompagne de son talent le mouvement artistique contemporain.

Après avoir rencontré un grand succès avec ses bandes dessinées “Le Guide du Casablancais” et “Le Casablancais 2, from Casa with Love”, et collaboré avec le groupe de pop-rock Hoba Hoba Spirit, le Casablancais revient cette fois-ci à Rabat pour une exposition passionnante intitulée “Un poète dans la ville”, présentée à la galerie Banque Populaire jusqu’au 6 avril prochain. Le HuffPost Maroc a rencontré l’artiste pour l’interroger sur cette exposition, sur ses collaborations et ses futurs projets.

Le HuffPost Maroc: Aujourd’hui, vous présentez votre exposition “Poète dans la ville”. Quelles sont sont les particularités de cette exposition?

Rebel Spirit : La première chose qui change cette fois est que c’est une exposition à Rabat et non à Casablanca. C’est ce qui fait sortir mon travail de sa coquille. La deuxième particularité est que c’est une exposition que j’ai montée depuis deux ans et que je gardais chez moi. J’ai commencé a être attiré par le voyage. Avec le travail, le stress, Casablanca m’étouffe. En voyageant, je découvre des gens, des scènes de vie quotidienne, des attitudes, des sourires,  des larmes, et ça me marque. Ça me donne envie de mémoriser tous ces moments sous forme d’une exposition, une explosion de couleur, un concentré de culture marocaine, de codes, de marques détournées, d’imitations de marques célèbres. C’est comme si c’était l’album photo d’une famille. Il y a de magnifiques moments dans la vie quotidienne qui méritent d’être mémorisés, dessinés et surtout exposés.

Les personnages de votre exposition existent-t-ils vraiment où les avez-vous imaginés?

Pour cette exposition, ces visages s’inspirent de la ville de Rabat. En général, ils sont majoritairement réels, des fois ce sont juste leurs poses ou la situation qui sont réels. Ce sont généralement des gens qui m’ont marqué. Je les ai dessinés et laissés deux ans dans le placard avant de décider de les exposer. 

Vous avez collaboré avec Hoba Hoba Spirit pour leur album “KAMAYANBAGHI” et le résultat a connu beaucoup de succès. Pourquoi vous n’avez pas collaboré avec d’autres artistes?

J’ai toujours été fan de ce groupe. En grandissant, le lien avec le groupe a grandi aussi, jusqu’au jour où je suis devenu ami du groupe. On passe des soirées ensemble, on joue de la musique. Aujourd’hui, le lien est devenu presque familial. Pour moi, ce n’est pas qu’un simple groupe de musique, c’est un mode de vie. Le jour où ils ont voulu sortir leur album, ils m’ont demandé si je pouvais l’illustrer. Ils m’ont donné carte blanche et ce n’est pas une chance qu’on donne souvent. J’avais le droit de faire ce que je voulais, et j’ai eu le privilège d’écouter l’album avant tout le monde. On m’a proposé plusieurs collaborations après, mais avec Hoba Hoba Spirit c’était particulier: leur style est proche du mien et je ne pense pas que ce serait plus fun avec un autre artiste. Avec quelqu’un d’autre, j’aurais l’impression de travailler alors qu’avec Hoba Hoba Spirit, c’était un véritable plaisir.

Pourquoi vous avez choisi Rabat et pas une autre ville?

En réalité, je ne l’ai pas choisi. Rabat s’est imposé à travers mon partenariat avec la Banque Populaire. Disposant d’une galerie ils m’ont proposé de venir exposer chez eux. Je n’ai donc pas choisi Rabat parce que je la trouve plus inspirante que les autres. Pour moi, toutes les villes sont inspirantes, chaque ville a son charme. J’ai donc décidé de lier ce travail aux visages et aux scènes que j’ai vus lors de mes visites dans la capitale.

Vos bandes dessinées “Le Guide du Casablancais”, “Le Casablancais 2, from Casa with Love” ont connu un grand succès. Étiez-vous satisfaits des ventes?

On a fait des soldes out, qui correspondent à la capacité d’achat du lecteur marocain, ce qui nous a permis de vendre tous les exemplaires. Ce qui est satisfaisant est que je fais tout ça seul. Je n’ai pas d’éditeur, ni de partenaire. Quand je finis mes ventes, ça me fait plaisir. Je suis heureux de mon travail quand il porte ses fruits. Ce qui me fait encore plus plaisir est que chaque personne qui achète ma bande dessinée devient son propre ambassadeur. Quand je voyage à l’étranger, il m’arrive de croiser des gens qui connaissent ma BD, juste parce que quelqu’un de Casablanca a voyagé et l’a prise avec lui.

Avez-vous fait le tour de la ville blanche où pensez-vous que vous avez encore des choses à dessiner à Casablanca?

Casablanca est une ville qui ne s’arrête jamais, c’est le cœur battant du Maroc. C’est une ville riche, généreuse, qui donne beaucoup et n’attend rien en retour. Là par exemple, alors qu’on est en pleine interview, je suis certain qu’il se passe beaucoup de choses dans cette ville, des scènes magnifiques dans les bus, les souks, la médina. Je suis Casablancais et je sais très bien que cette ville ne peux pas cesser d’être ma source d’inspiration. Je n’ai jamais assez de mots pour décrire Casablanca.

 

Quels sont vos prochains projets?

Je vais sortir le troisième tome de ma bande dessinée, qui s’appellera “Le Casablancais 3”. C’est en effet, la suite de “Le Guide du Casablancais”,“Le Casablancais 2”, et “From Casa with Love”, avec toujours le personnage principal, Lmadani. Je suis toujours en train de travailler sur ce tome que j’espère présenter très bientôt.

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