TUNISIE
10/09/2019 18h:06 CET

Interview de Nabil Karoui sur El Hiwar Ettounsi: La justice refuse

Le candidat à l'élection présidentielle ne pourra donc pas accorder l'interview depuis la prison.

FETHI BELAID via Getty Images

Le procureur général de la République près de la Cour d’Appel a refusé, mardi, la demande effectuée par la chaine El Hiwar Ettounsi d’effectuer une interview avec le candidat à l’élection présidentielle placé en détention depuis le 23 août dernier, Nabil Karoui.

Dans sa décision, celui-ci s’appuie sur les articles 30 et 35 de la loi n°2001-52 du 14 mai 2001 relative à l’organisation des prisons.

L’article 30 dispose: “A l’exception du gouverneur du lieu de la prison et des magistrats habilités par la loi, nul n’est admis à visiter la prison sans l’autorisation du ministre ou de l’administration chargée des prisons et de la rééducation”.

L’article 35 dispose: Les personnes non rattachées au détenu par un lien de parenté ou celles qui ont une autorité morale sur lui peuvent être exceptionnellement admises à lui rendre visite, et ce, après une autorisation de l’autorité judiciaire pour les personnes détenues à titre préventif ou en exécution d’un jugement non définitif et après autorisation de l’administration chargée des prisons et de la rééducation pour les personnes détenues en vertu d’un jugement définitif. La visite est effectuée dans un bureau aménagé à cet effet en présence du directeur de la prison ou de son adjoint

 Lundi, l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) a accordé une autorisation à la chaîne El Hiwar Ettounsi afin d’effectuer une interview avec le candidat à l’élection présidentielle actuellement en détention à la prison de la Mornaguia, Nabil Karoui.

L’ISIE avait justifié sa décision par la nécessité de respecter l’égalité des chances entre les candidats mais laisse néanmoins les autorités judiciaires compétentes apprécier cette demande conformément à la loi.

Le candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Nabil Karoui a été arrêté le 23 août dernier sur décision d’une des chambres d’accusation près de la Cour d’appel de Tunis pour blanchiment d’argent et fraude fiscale, entraînant un tollé politique et médiatique.

Le parti “Au coeur de la Tunisie” présidé par Nabil Karoui ainsi que plusieurs personnalités politiques ont explicitement accusé le chef du gouvernement d’être derrière cette arrestation afin d’éliminer un adversaire politique.

Samedi, alors que se tenait le premier débat télévisé de l’élection présidentielle, le candidat, malgré les demandes de son équipe de campagne n’a pas été autorisé par la justice à y prendre part.

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