TUNISIE
02/08/2018 15h:53 CET

Interview avec eL Seed: Le calligraffeur tunisien sort bientôt un nouveau livre

Ses passages en Tunisie marquent autant son amour pour son métier que pour son pays d’origine.

eL Seed

Dans une fusion entre la calligraphie et le graffiti est né le style de l’artiste tunisien, né en France, eL Seed. 

Cela fait quelques années qu’il sillonne le monde, de mur en mur, y marquant ses peintures avec ses pinceaux, mais surtout sa passion.

Ses passages en Tunisie marquent autant son amour pour son métier que pour son pays d’origine.

Cet été encore, il revient décorer les murs. Interview.

HuffPost Tunisie: Comment s’est passé cette dernière visite en Tunisie et la réalisation de la fresque sur le mur de “El Kahwa el Alya”?

eL Seed: Ça s’est passé très rapidement. J’étais chez des proches à Sousse et j’ai trouvé un gros stock de peinture qui date de 2014. Je suis venu passer quelques jours de vacances ici et je voulais m’amuser avec mes enfants et mes neveux.

J’ai donc posté une story sur Instagram et très vite, j’ai reçu beaucoup de demandes, notamment celle de la Mairie de la Marsa. D’habitude, le process est long, mais là, en un rien de temps, tout s’est mis en place.

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Cela fait plaisir et ça donne espoir de voir qu’ils sont aussi réactifs. Ils m’ont donc reçu à la Mairie un Samedi. Le lendemain, on s’était déjà mis d’accord sur l’endroit et commencé le projet de suite.

Que traduit ce vers de Mahmoud Darwich?

Ce vers résume parfaitement mes pensées, ma belle famille étant palestinienne. Et ça s’applique aussi à tout le monde. “Comment guérit-on de l’amour de la Tunisie”? On n’en guérit pas, c’est une maladie douce.

C’est un amour passionnel et inconditionnel. Cela fait mal quand on voit tous ces problèmes qui rodent autour de l’économie, de l’environnement, etc. 

Si j’accumule toutes les fois où je suis venu visiter la Tunisie de ma vie, cela donnerait deux ans et trois mois, ce n’est pas beaucoup. Mais mes parents ont cultivé en nous -mon frère et ma soeur- cet amour pour mon pays d’origine, que j’inculque, à mon tour, à mes enfants. 

Tous ces travers font son charme. On aime la Tunisie, c’est important pour moi de revenir ici. 

Que représentent pour toi les travaux réalisés en Tunisie?

J’ai pu réaliser bon nombre de Calligraffitis en Tunisie, notamment celle du Minaret de Gabès, et le projet “Les murs perdus”, où on a fait le tour des 24 gouvernorats et réalisé un documentaire autour de ce projet.

C’est ce genre d’initiatives qui permettent de montrer les richesses de la Tunisie. L’effet que cela fait est tout aussi charmant. Les gens s’engagent, les passants viennent te saluer, t’offrent un café. Je ne m’attendais pas à ça.

Malgré tous les problèmes socio-économiques qui submergent le pays, on est tous ensemble, on s’entraide et on continue à encourager les initiatives qui apportent un plus au pays.

Quels sont les difficultés et les avantages de ce métier?

Ce que je fais est plus qu’un métier, c’est une passion, c’est un plaisir. Ce sont les gens que je rencontre et avec qui je partage ces moments qui font sa beauté.

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Je parle ici des passants mais surtout de mon équipe. Je n’en serai pas là où je suis sans eux. Ils sont dans l’ombre, mais c’est eux qui préparent et planifient les projets, tels que la réalisation de documentaires ou de livres.

Quels sont tes prochains projets?

À la Marsa, il y a un projet qu’on envisage pour bientôt. Et le mois prochain, on sera au Canada.

Sinon, le 5 octobre, je sors mon prochain livre “Perceptions”, qui tourne autour du projet effectué au Caire en 2016. Il est réalisé en papier recyclé issu du quartier même où j’ai réalisé une fresque géante sur 50 bâtiments. 

Le livre racontera toute l’histoire de ce projet, une histoire passionnante, et sera riche en photos.

 

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