MAROC
26/05/2015 10h:44 CET | Actualisé 26/05/2015 12h:04 CET

Interdiction de "Much Loved": Vous êtes beaucoup à partager cette décision...

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AVIS - Alors que seules 6 minutes en ont été dévoilées, le dernier film de Nabil Ayouch n'est pas vraiment "#muchloved" au Maroc, pour reprendre le bon mot d'un twittos. Le film projeté lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et qui raconte le quotidien de quatre prostituées marocaines ne sera pas projeté au Maroc (ceux qui voudront vraiment le voir se débrouilleront une copie ou iront sur un site de streaming), suite à une décision du ministère de la Communication. Qu'en pensent nos lecteurs? Florilège des commentaires postés sur notre page Facebook en réponse à notre question:

"J’attends de savoir si la plainte sera jugée recevable par le tribunal..." Nabil Ayouch au HuffPost MarocEt vous,...

Posted by HuffPost Maroc on lundi 25 mai 2015

Beaucoup d'internautes fustigent l'hypocrisie qui se cache derrière cette interdiction comme F.BM qui "ne comprend pas ce déni, au sujet de la prostitution". Pour elle, "le film nous force à nous poser des questions et mieux connaître la vie de ces femmes et ne pas leur jeter la pierre".

H.D pense pour sa part que "la plupart (des gens offusqués par les extraits du film qui ont été postés sur internet, ndlr) ne connaissent pas la vie nocturne à Marrakech où font exprès de ne pas la reconnaître".

Interdire au nom de la morale

D'autres, plus nombreux à s'exprimer sur notre page Facebook, se rangent du côté de l'interdiction de diffuser "Zin Li Fik" (c'est le nom du film en arabe) dans les cinémas marocains en se faisant les chantres d’une morale que salit à leur sens le film. S.H se dit pas tant offusquée par le sujet du film que par une morale qui n'en serait pas une à son sens:

"On n'a pas dit que ça (la prostitution, ndlr) n'existe pas. Et ça existe dans tous les pays dans des endroits privés destinés à une clientèle précise. Ma question; c'est quoi l'intérêt de le montrer au public? Surtout s'il n'y a pas une morale derrière".

WR poursuit dans cette veine: "Nous les marocains on le sait! pourquoi montrer ce côté du Maroc à ceux qui ne le savent pas...", il met en lumière une volonté de Préserver certaine image de la société marocaine à l'étranger.

L.NT se demande, à son tour, dans le flot de commentaires, s'il ne vaudrait pas mieux "œuvrer pour redorer notre étiquette ?!!!" (sic).

R.B partage cet avis: "Actuellement nous avons plus besoin de film pour donner une bonne image du Maroc et non une image de pays à sexe. Le film de Nabil ne nous apprend rien surtout qu'à Marrakech ça fait partie du quotidien, tous les Marocains le savent alors pourquoi l'étaler au festival de Cannes?", s'interroge-t-il.

O.N va au bout de ce raisonnement, expliquant que "nous vivons dans une société pleine de tabous mais que cela fait partie de notre éducation et (que) c'est bien comme ça". Il ajoute: "Je ne me vois pas parler de prostitution à ma famille, on sait que c'est mal, point".

Et le cinéma dans tout ça?

Quelques-uns de nos lecteurs se focalisent sur l'aspect cinématographique. I.Z, par exemple: "Je ne suis ni pour ni contre le film", "je ne l'ai pas encore vu"" se contente-elle de dire de façon lapidaire. Avant de condamner "l'hypocrisie" qui découle de la polémique qui s'est propagée comme une traînée de poudre dans le royaume depuis la Croisette.

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