TUNISIE
09/05/2019 17h:08 CET

Insertion sociale et lutte contre la pauvreté: Bientôt une caisse d'assurance chômage en Tunisie?

C'est ce qu'a annoncé le chef du gouvernement Youssef Chahed, jeudi.

Facebook/Présidence du gouvernement tunisien

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed a annoncé, jeudi, que la stratégie nationale d’insertion sociale et de lutte contre la pauvreté sera soumise à un conseil ministériel pour son adoption avant fin 2019, affirmant que des efforts sont déployés en vue de créer une caisse d’assurance chômage.

S’exprimant à l’inauguration d’un séminaire national, consacré aux résultats des études de faisabilité des garanties du socle national de protection sociale, ayant pour thème “vers la mise en place d’un système national de protection sociale universel et inclusif”, Chahed a affirmé qu’il avait donné ses instructions pour accélérer la publication de tous les textes de lois relatifs à la mise en exécution du statut portant création du programme “amen social”. 

Le chef du gouvernement a souligné l’attachement de son gouvernement à parachever la réforme du régime social à travers l’élaboration d’études et de recherches approfondies pour faire le diagnostic de la situation actuelle du régime de la protection sociale. 

Il a en outre annoncé le démarrage, au cours de la semaine prochaine, de la distribution des cartes de soins électroniques au profit de 900 mille familles bénéficiaires des programmes des familles nécessiteuses et à faibles revenus, soulignant l’annulation en novembre 2019, des cartes en papier, afin de faire face à la corruption, la falsification et l’escroquerie. 

à cette occasion, le chef du gouvernement a passé en revue l’ensemble des décisions et des mesures prises par le gouvernement au profit de toutes les catégories sociales , dont des mesures urgentes et immédiates en faveur des personnes à faibles revenus. 

 

De la sécurité sociale à la protection sociale 

Pour sa part le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a déclaré, que la mise en place d’un cadre national de protection sociale nécessite la réforme ainsi que l’activation des politiques sectorielles afférentes, en l’occurrence celles de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’emploi et des transports et requiert l’association de tous les intervenants sociaux et des composantes de la société civile, dans l’identification des choix et des orientations de cette réforme stratégique.

“Le système national de couverture sociale, dans ses deux dimensions contributoire et non contributoire, a atteint, par endroits, ses limites, souffrant de carences ayant été diagnostiquées par l’étude présentée lors de cette conférence” a-t-il indiqué.

Il a expliqué que le système de sécurité sociale proposé, consiste en l’instauration d’un socle national répondant à quatre garanties fondamentales qui sont celles du droit à la couverture et aux services de santé de base, le droit des personnes âgées et des handicapées à un revenu minimum, le droit des enfants à un revenu de base leur permettant l’accès à l’enseignement, à l’alimentation, aux soins sanitaires, outre le droit des personnes actives incapables de s’assurer un revenu suffisant pour cause de maladie, de maternité ou d’incapacité à exercer un travail.

Pour sa part, la représentante du bureau de l’Organisation internationale du Travail (OIT) en Tunisie, Samia Chouba, a affirmé que son organisation est déterminée à poursuivre son soutien pour la Tunisie dans le processus d’instauration d’un nouveau système de protection sociale, et dans le passage progressif d’un système de sécurité sociale à un système de protection sociale à dimension universelle et complète, soulignant l’importance des études techniques menées dans un cadre participatif, ayant trait au projet du dialogue social. 

De nouvelles taxes pour financer ces réformes

L’expert en sécurité sociale Hassan Ghodhbani a souligné, quant à lui, que la mise en œuvre des propositions contenues dans les études de faisabilité des garanties du socle nationale de protection sociale, permettrait d’assurer une couverture sanitaire universelle aux différentes catégories sociales.

Il a indiqué que ces études, menées en collaboration avec l’Organisation mondiale du travail (OIT), avancent des propositions techniques et pragmatiques sur la base d’approches précises, visant à mettre en place un système de couverture sociale universel au profit des catégories qui ont été privées de la couverture sociale, à l’instar des chômeurs et des familles défavorisées, des handicapées et des enfants. 

Parmi les propositions incluses dans ces études, figure l’extension de la couverture sanitaire au profit de 17% des classes sociales ayant été privées de sécurité sociale, en leur fournissant des cartes de soins gratuits.

Il a également été proposé d’approuver un revenu minimum au profit des familles défavorisées et d’envisager la possibilité de fournir un revenu aux chômeurs pour cause de licenciement afin de leur garantir les nécessités de base, selon Ghodbani.

Pour fournir les ressources financières nécessaires à la réalisation de ces objectifs, Ghodbani a indiqué qu’il a été proposé d’imposer un prélèvement de 500 millimes sur les transactions, en outre de l’augmentation de la valeur de prélèvement sur les cartes de recharge téléphoniques, qui s’élève actuellement à 700 millimes par carte.

Il a également été recommandé d’élaborer un programme national, en collaboration avec des organisations internationales, telle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour établir des institutions sanitaires dans des zones reculées. 

Pour sa part, l’économiste, Abderrahmane Lahegua, a précisé que les études en question ont souligné l’importance de garantir un revenu minimum pour les enfants, rappelant que plus de 21% des enfants en Tunisie vivent sous le seuil de pauvreté et que 37% des enfants appartiennent à des familles ne bénéficiant pas du système de sécurité sociale. 

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