MAROC
13/05/2019 18h:09 CET

Insatisfaits du dialogue, les 5 syndicats de l'enseignement appellent à la grève

Reprise des sit-in ces 14 et 15 mai.

Anadolu Agency via Getty Images

ENSEIGNEMENT - Trois jours après la tenue du 2e round du dialogue entre le ministre de l’Education nationale et les 5 syndicats (FNE, UMT, FDT, UGTM et CDT) représentant le secteur, ainsi que les représentants de la coordination nationale des enseignants contractuels, deux jours de grève sont décrétés demain et après-demain, les 14 et 15 mai. Une démarche protestataire qui s’inscrit dans le cadre de tout un programme baptisé “Combat pour la dignité” que lancent les 5 syndicats pendant ce mois de Ramadan. En plus des arrêts de travail, des sit-in seront observés au niveau de toutes les régions avec port d’un brassard noir.

“La tension remonte d’un cran, parce que l’ébullition au sein du secteur n’a pas été apaisée et le cumul des problèmes en suspens ne fait que l’amplifier”, déclare au HuffPost Maroc le Secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), Abderrazak Idrissi. Sur la liste, en plus des enseignants contractuels et ceux de la “Cellule 9”, s’ajoutent d’autres catégories, notamment des fonctionnaires du secteur qui attendent des promotions et des primes depuis des années. “Les fonctionnaires titulaires notamment d’un master, et qui attendent de passer à l’échelle 11 correspondant à leur compétence dans la fonction publique observent dès ce lundi après-midi une marche du siège du ministère au Parlement où ils comptent organiser un ftour collectif à la rupture du jeûne”, annonce-t-il. 

Les enseignants contractuels, qui avaient décidé de suspendre leur grève ayant duré près de deux mois et de regagner leurs classes le 29 avril, ont appelé, à travers leur coordination nationale, à se joindre à ce mouvement de colère. Dans un communiqué publié ce lundi, cette dernière annonce un arrêt de travail durant les prochaines 48 heures. Elle explique vouloir ainsi exprimer sa solidarité avec toutes les catégories de l’éducation nationale et réitérer sa revendication d’intégrer la fonction publique. Ces contractuels rallient ces grèves et se montrent prêts à en rallier d’autres tant que leur situation n’est pas résolue et que les sanctions qui pèsent sur eux ne sont pas tout à fait supprimées. 

“Nous avions convenu avec le ministre qu’à leur retour, ces enseignants ne devront signer aucun document ou PV et qu’aucun prélèvement sur salaire ne se ferait à leur encontre, mais au stade de l’application, cela s’est avéré difficile”, indique le secrétaire générale de la FNE, précisant que les syndicats ont demandé au ministre, au cours de leur dernière réunion (du 10 mai), de publier une note relayant sa décision de n’engager aucune sanction contre les enseignants contractuels. Cette note devra être adressée à l’ensemble des Académies régionales d’éducation et formation (AREF).

D’ici le prochain round du dialogue avec le ministre programmé pour le 23 mai, les syndicats ne se montrent pas convaincus quant à l’issue des négociations. “Nous n’avons pas l’impression que nous menons des négociations productives et positifs. Le dialogue est inefficace et les gouvernements se suivent sans résoudre les problèmes”, regrette ce syndicaliste. Pour lui, le gouvernement ne fait pas d’effort financier pour répondre aux doléances du personnel de l’éducation nationale. “La politique d’austérité budgétaire aggrave la situation”, martèle Idrissi, citant en exemple le retard de paiement des primes pour les enseignants dans les enclaves. “Depuis 2009, il est prévu qu’on leur verse une prime de 700 dirhams, mais, à ce jour, ils n’ont toujours rien reçu”, assure le SG de la FNE, estimant que cet état des lieux a installé “un malaise à l’infini”.