TUNISIE
19/09/2018 16h:25 CET

Inondations, routes bloquées... Le ministre de l'Équipement pointe du doigt le citoyen

"Il y a des lacunes, mais c’est ça notre pays !", dit-il.

Anadolu Agency via Getty Images

Depuis quelques années, la Tunisie est confrontée à un problème récurrent et autrefois imprévisible, les inondations. De plus en plus nombreuses et violentes, ces dernières génèrent des dégâts parfois irréparables. 

Le dernier incident date de ce mardi 18 septembre 2018. Il a suffi de quelques minutes de fortes pluies pour que le Grand Tunis se trouve sous l’eau.

Des routes bloquées, des citoyens coincés... Toute la zone était paralysée. De Tunis à la Marsa en passant par l’Ariana et ses environs, le scénario est le même: Les flots d’eau submergent les rues, trafic routier perturbé, des automobilistes qui s’y aventuraient avec difficulté en défiant les eaux... 

Arrivés à saturation, les canaux d’évacuation d’eau pluviale ne semblent pas remplir convenablement leur fonction. Et c’est l’infrastructure qui est à nouveau pointée du doigt! 

“En une heure, il est tombé 70 mm de pluie sur la capitale” a révélé le ministre de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Salah Arfaoui, dans une interview accordée mercredi à la radio Express Fm.

Une quantité assez importante en cette période de l’année que l’infrastructure du pays ne peut pas supporter, selon ses dires. Pourtant, c’est la même scène qui se répète depuis quelques années.

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En effet, ces pluies torrentielles qui se sont abattues sur Tunis mettent à nu, comme à l’accoutumée, les graves défaillances au niveau de l’infrastructure. 

“Les normes adoptées dans nos routes ont été calculées sur un taux moyen de précipitations” se défend Mohamed Salah Arafoui soulignant la nécessité d’actualiser ces normes en vue des changements climatiques. 

Certes, l’infrastructure du pays ne peut pas supporter ce genre de précipitations intenses en une si petite période, mais ce n’est pas l’unique raison selon le ministre. 

D’après lui, le fait que la Tunisie soit assiégée par les flots revient en grande partie au comportement du citoyen.

“Ce qui s’est passé hier est fortement dû aux saletés et aux déchets jetés maladroitement par les citoyens”, martèle-t-il. Dernièrement, son ministère est intervenu pour entretenir 1000 kilomètres de cours d’eau, rappelle-t-il en mettant en exergue les efforts consentis pour libérer les canaux. 

“Par exemple, nous sommes intervenus 8 fois dans la zone de Ouadi Khirat à Raoued” cite-t-il. “Mais malheureusement, à chaque fois nous le retrouvons dans le même état de saleté” regrette-t-il. 

Des matelas usés, des frigidaires non fonctionnels... le citoyen s’en fiche. “Nous avons filmé tout ce qui s’est passé la veille et vous allez comprendre d’où vient le problème” souffle-t-il. 

À ses yeux, la majorité de ce qui s’est passé mardi est dû à la saleté, causée par le citoyen. “Ceci dit il y a des lacunes, mais c’est ça notre pays!”, renchérit-il.

Le ministre a par ailleurs fait savoir que le budget mis à la disposition de l’État ne permet pas combler à lui seul les lacunes d’infrastructure et protéger toutes les villes de la Tunisie de l’inondation. “Aujourd’hui, toutes les régions tunisiennes sont menacées d’inondation. Nous sommes obligés d’agir selon les priorités” a-t-il argué.

Pour Mohamed Salah Arfaoui, faire face aux inondations est une responsabilité commune partagée entre le ministère, les mairies et principalement le citoyen.  

Quelles astuces?

À vrai dire, les inondations sont un phénomène relativement commun dans certaines régions du monde. Pour réduire ce fléau, de nombreux pays comme la France ont opté pour de nouvelles astuces et techniques. 

Pour certains, la meilleure façon d’anticiper les conséquences négatives des cours d’eau, c’est de leur rendre leur liberté. C’est la conclusion d’un colloque intitulé « vivre avec les crues », organisé en 2011 par le WWF. Autrement dit, il faut absolument respecter les cours d’eau et redonner de l’espace aux fleuves. 

D’autre part, parmi les pistes évoqués pour limiter les dégâts figure la mise en place de radars météo plus performants. Une solution efficace qui permettrait de prévoir d’une façon plus pointue les inondations et les éviter par la suite.

De plus, muscler l’entretien des canaux, élargir les bassins et les digues s’avèrent être des issues pour une évacuation rapide des eaux.

Une autre astuce serait de développer les zones vertes. En effet, la mise en place de gazonnage sur certains trottoirs ou la création d’une vaste zone verte permettra d’éponger les grandes quantités d’eau. À Orléanq, par exemple, un plan a été adopté pour la mise en place de trottoirs engazonnés plutôt que goudronnés. 

 

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