MAROC
27/11/2018 11h:29 CET

Initiative royale pour le dialogue: Le Maroc rappelle à l'Algérie qu'il attend toujours sa réponse

Bourita s'est entretenu avec l'ambassadeur de l'Algérie à Rabat.

Anadolu Agency via Getty Images

DIPLOMATIE - Quelques jours après la demande de l’Algérie de la tenue d’une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union du Maghreb arabe (UMA), la diplomatie marocaine réagit. Il n’est pas question, pour le Maroc, de confondre cette demande également faite par la Tunisie avec l’initiative royale contenue dans le discours du roi Mohammed VI le 6 novembre. C’est une précision que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), Nasser Bourita, a tenu à faire à l’ambassadeur de l’Algérie au Maroc dans le cadre d’un entretien bilatéral hier soir à Rabat. 

Au cours de ce dernier, le chef de la diplomatie marocaine a réitéré à son invité que l’initiative royale consiste en la mise en place d’un mécanisme politique de dialogue et de concertation avec l’Algérie. Une proposition restée sans suite du côté algérien, comme le rappelle Bourita qui a exprimé le regret du Maroc que l’invitation royale “n’ait pas encore connu la réaction escomptée, alors qu’elle a toujours été demandée par l’Algérie elle-même”, indique un communiqué du MAECI. Et d’ajouter que “cette rencontre intervient après plusieurs démarches, formelles et informelles, entreprises vainement, dix jours durant, afin d’établir un contact avec les autorités algériennes à un niveau ministériel”.

Mais ce n’est pas ce silence qui amortira l’ambition du Maroc bien déterminé à aller de l’avant. Bourita a ainsi affirmé à l’ambassadeur algérien, indique la même source, que “le Royaume reste ouvert et optimiste quant au futur des relations entre les deux pays frères. Au moment où les autres formules (cadre régional, intermédiaires…) se sont révélées infructueuses”. 

Privilégiant “les contacts humains directs”, le Maroc soutient que seuls ces derniers “sauront apporter la réponse appropriée aux divergences bilatérales”, souligne la même source. D’ailleurs, la proposition royale vise ”à créer un cadre de dialogue bilatéral direct et sans exclusive, pour aplanir tous les différends entre les deux pays, relancer leur coopération et se concerter sur les défis régionaux et transnationaux”. Par cette voie, le Maroc a donc invité son voisin, l’Algérie, à faire part de ses propositions concernant le niveau, les déclinaisons, l’ordre du jour, les modalités et le rythme de ce dialogue bilatéral. A cette demande, le royaume souhaite connaître la réaction officielle des autorités algériennes, souligne la diplomatie marocaine.

La démarche du Maroc s’inscrit donc dans une démarche bilatérale, tandis que celle de l’Algérie adressée à l’UMA “s’inscrit dans le cadre de la relance de la construction régionale”, a précisé Bourita. Et d’estimer que “l’état de léthargie que connait l’UMA, depuis des années, est essentiellement dû à la nature anormale des relations maroco-algériennes, lesquelles ne peuvent être traitées que dans le cadre d’un dialogue bilatéral, direct et sans intermédiaires.”

Problème de bon voisinage, l’UMA et ses Etats membres n’ont eu de cesse d’appeler, jusqu’à la semaine dernière, à un dialogue maroco-algérien, affirme la même source. Et d’assurer, toutefois, que le Maroc ne refuse aucunement le principe de la tenue d’une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA. Il a “réagi de manière constructive à la proposition formulée par la Tunisie pour tenir une retraite des cinq ministres maghrébins des Affaires étrangères”.

Une proposition qui ne lève pas le doute du Maroc “que cette 35ème réunion ministérielle puisse parvenir à des résultats tangibles, différents des 34 précédentes, en l’absence d’une bonne préparation et d’un dialogue direct responsable entre deux Etats membres de l’UMA”. On ne peur plus clair: le Maroc “reste attaché à une relance de la construction maghrébine sur des bases saines et solides” et “réitère sa demande aux autorités algériennes de faire connaître, officiellement, leur réaction”.