MAROC
27/04/2019 10h:51 CET

"Initiative civile pour le Rif": Mobilisation nationale pour ressusciter l'espoir d'une grâce royale

Des consultations sont actuellement en cours auprès de partis politiques.

FADEL SENNA via Getty Images

HIRAK - L’élan de solidarité devient mouvement. Après la pétition signée par 350 artistes et intellectuels pour la libération des détenus du Hirak, l’“Initiative civile pour le Rif” fait son retour. Lancée par des militants des droits de l’Homme en juin 2017, cette initiative multiplie, depuis deux semaines, les rencontres avec les partis politiques à la recherche de la mobilisation la plus large. “Nous avons rencontré, jusqu’à maintenant, le PJD, le PPS, l’Istiqlal et l’USFP. La semaine prochaine, nous irons vers le PAM et le MP et nous poursuivrons notre quête auprès des partis de toute tendance”, déclare au HuffPost Maroc le coordinateur de l’initiative, Mohamed Nachnach, ancien président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH). 

Avec un programme chargé, cette initiative redouble d’effort par conviction qu’il y a “urgence”. “A présent que le processus judiciaire est terminé et que le verdict est définitif, il ne nous reste plus que le processus politique pour trouver une issue”, estime Nachnach. Cette issue à laquelle espère aboutir l’initiative, dans ce processus de mobilisation politique, consiste à accorder une grâce royale aux détenus du Hirak. “Nous l’espérons à l’occasion du mois de ramadan ou des fêtes religieuses et nationales dans le cadre d’une mobilisation nationale par la sensibilisation de tous les partis politiques représentés au Parlement mais aussi d’autres acteurs”, affirme-t-il.

Se félicitant de l’initiative d’artistes, d’intellectuels et de journalistes de signer une pétition, Nachnach estime que ce mouvement de solidarité laisse présager un dénouement heureux. “Il y a unanimité nationale sur la nécessité de tourner la page, de faire passer l’intérêt de la nation au dessus de tout. Et ces condamnations ne sont pas en faveur de l’image du Maroc au sein de la communauté internationale”, fait remarquer le militant des droits de l’Homme, affirmant qu’un drame aurait pu se produire dans les prisons si les détenus d’Al Hoceima n’avaient pas accepté de suspendre leur grève de la faim.  

“Une fois que nous aurons achevé cette phase de consultations que nous menons actuellement, nous déciderons des démarches à suivre. L’option de la grâce royale, pour nous, reste la seule solution”, plaide le coordinateur de cette initiative pour qui la première étape consiste à préparer le terrain propice à une éventuelle demande de grâce. Les détenus seront appelés à y contribuer. L’initiative civile a demandé à leur rendre visite en prison, annonce Nachnach. “Nous n’avons pas encore obtenu l’autorisation, mais dès que nous l’aurons, nous irons les consulter pour connaitre leurs propositions”, confie-t-il. Et d’estimer que “les détenus et leurs familles vivent en crise ainsi qu’Al Hoceima. Nous pensons qu’avec une mobilisation nationale, nous trouverons une solution. Il ne faut pas perdre espoir!”