ALGÉRIE
15/12/2015 10h:24 CET | Actualisé 15/12/2015 18h:53 CET

L'Etat doit apprendre à connaitre le secteur informel pour pouvoir le formaliser, selon l'économiste Hernando De Soto (VIDÉO)

Pour attirer l'activité économique informelle vers le circuit officiel, le gouvernement doit consulter les acteurs du secteur et faire preuve de bonne gouvernance économique. C'est ce que préconise l'économiste Hernando de Soto Polar, connu pour ses travaux sur l'économie informelle.

L'éminent économiste péruvien, président de l'Institut pour la Liberté et la Démocratie (ILD) basé à Lima, a été ce mardi 15 décembre l'invité du direct de Radio M.

Pour lui, la consultation des acteurs de l'économie informelle, une forme de "démocratie économique", est indispensable au développement économique.

Dans un contexte de baisse des cours de pétrole et des revenus de l'Algérie, le gouvernement a intensifié les mesures pour attirer l'économie informelle vers les circuits officiels. 69% des marchés de commerce informel ont ainsi été éradiqués à travers le pays. 20 000 commerçants y exerçant ont été "formalisés", a rapporté l'agence APS en novembre dernier.

Le gouvernement ne fait pas nécessairement fausse route, estime M. De Soto, mais "le commerce est la partie la plus petite du secteur informel, l'industrie et l'agriculture informelles sont les activités les plus importantes".

L'Etat a également tenté une amnistie fiscale en 2015 pour essayer d'attirer l'argent de l'informel vers les banques en payant un forfait de 7%. L'opération a donné de très faibles résultats jusqu'en septembre dernier selon des sources bancaires.

"La meilleure façon de mesurer l'efficacité de ces opérations est d'écouter les acteurs. Ils vont vous dire" si l'impot est le seul souci, estime M. De Soto. "On ne peut pas savoir quelle loi, quelle décision pose problème sans leur parler", indique-t-il.

Ce sont des problèmes qui ne se devinent pas selon l'économiste. Il préconise de mettre en place des mécanismes administratifs d'écoute et de suivi pour que les politiciens puissent réellement connaitre et étudier le secteur informel et le formaliser.

Pour lui, "l'informel en soi n'est pas une solution". Il est la manifestation d'une capacité entrepreneuriale qui doit "nécessairement être formelle pour se développer".

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