TUNISIE
13/02/2019 20h:56 CET

Indice mondial de la compétitivité des talents 2019: Où en est la Tunisie?

Selon l'indice mondial de la compétitivité, la Suisse est le pays qui attire et fidélise le plus les talents, devant Singapour et les Etats-Unis.

Zoubeir Souissi / Reuters

Huit ans après la Révolution, la Tunisie fait face à un véritable phénomène:  “la fuite des cerveaux”. Des centaines de diplômés, des cadres de haut niveau, des travailleurs qualifiés quittent de plus en plus le pays en quête d’un nouvel Eldorado.

Des chiffres révélés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) donnent le vertige: 94 mille tunisiens ont quitté la Tunisie vers l’Europe entre 2011 et 2017. 

Mais qu’en est-il de nos voisins? La Tunisie fait-elle vraiment moins bien qu’eux? Quels sont les pays qui développent, attirent et retiennent le plus les talents? 

La réponse se trouve dans l’édition 2019 du Global Talent Competitiveness Index (GTCI) qui vient d’être publiée par Adecco, en partenariat avec l’Insead et Tata Communications.

Ce rapport évalue les environnements économiques, éducatifs, scientifiques, réglementaires ou encore politiques qui favorisent la compétitivité des talents dans 125 pays et 114 villes. Il présente la diversité des talents comme un pilier essentiel de la compétitivité, dans une économie numérique mondiale en pleine croissance.

La Tunisie fait-elle moins bien que ses voisins?

D’après ce rapport, la Tunisie se hisse à la 84ème place parmi les 125 pays. Moyennement loti, le pays fait pourtant mieux que ses voisins. Avec un score de 34,37 , la Tunisie devance l’Algérie qui pointe en 105ème position et le Maroc en 100ème position.

Comparé à l’année dernière, le score de la Tunisie en 2019 a été moins bon. Il a reculé près de deux points. En 2018, la Tunisie était à la 83eme place sur 119.

Rapport Global Talent Competitiveness Index (GTCI)

En détails. Les facteurs étudiés sont la capacité d’un pays à fournir un terrain favorable au développement de talents, notamment à travers le système éducatif (Grow), ainsi que sa capacité à retenir les talents à travers la qualité de vie assurée (Retain).

La réglementation, le marché, et le climat des affaires constituent également un des 4 facteurs, car ceux-ci contribuent à la croissance des talents (Enable).

Enfin, le quatrième facteur est la capacité d’un pays à attirer les talents à travers la qualité de l’emploi qu’il offre, ainsi que le climat d’investissement pour les investisseurs étrangers (Attract).

Quant à la productivité, l’indice prend en considération les compétences moyennes que génère un pays, et qui représentent l’employabilité (VT Skills), et les compétences de haut niveau, qui mesurent la qualité du talent, impactant directement l’innovation, l’entrepreneuriat et le développement d’industries à forte valeur ajoutée (GK Skills).

Ainsi, en se référant à l’indice Attract, la Tunisie se classe en 96ème position. Elle devance de justesse le Maroc (97) et l’Algérie (117). D’après ces données, le pays est plus compétitif que ses voisins  pour attirer les talents.

Pareil pour les indices Grow et Retain, la Tunisie semble jouer un rôle plus important dans le développement et sa capacité à retenir ses talents comparée à ses voisins. Au niveau du développement des talents, elle est classée 92ème devant le Maroc (96ème) et l’Algérie (121ème). Quant au niveau du maintien des talents, la Tunisie figure à la 67ème position suivie par l’Algérie (83ème) et le Maroc (88ème).

Rapport Global Talent Competitiveness Index (GTCI)

Qui sont les bons et les mauvais élèves?

Dans la région MENA, les Emirats Arabes Unis sont en tête de liste, et en 19e place mondiale. Ceci est probablement dû au grand nombre d’employés étrangers qui y travaillent, dans plusieurs domaines, ce qui fait d’eux le pays qui attire le plus de compétences.

Après les Emirats Arabes Unis, arrive Israel et le Qatar, qui se classent respectivement 21ème et 24 ème sur le plan mondial.

Sans surprise, la Suisse reste sur la première marche du podium concernant sa capacité à attirer et à fidéliser les talents, et ce pour la sixième année consécutive. Derrière elle, on trouve le Singapour et les Etats-Unis.  

En général, les pays africains peinent à développer et retenir les profils locaux et à attirer des expatriés. Seuls l’Ile Maurice (47 ème) et le Botswana (62ème) qui se placent dans la moitié haute du classement tandis que leurs voisins sont relégués dans la seconde moitié.  

En bas du classement mondial, figurent le Yémen, la République démocratique du Congo et la République du Burundi.

Concernant les villes, Washington arrive en première position des lieux les plus compétitifs pour attirer les talents, suivie par Copenhague, Oslo, Vienne et Zurich.

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