MAROC
02/04/2019 11h:24 CET

Indemnisés, les enfants de Jamal Khashoggi reçoivent des maisons à plusieurs millions de dollars

Les autorités saoudiennes leur ont également versé des paiements mensuels à cinq chiffres.

LAKRUWAN WANNIARACHCHI VIA GETTY IMAGES

INDEMNISATION - Une drôle de compensation. D’après le Washington Post, les autorités saoudiennes ont offert des maisons “valant des millions de dollars et des paiements mensuels à cinq chiffres” aux 4 enfants du journaliste saoudien assassiné le 2 octobre dernier à Istanbul, Jamal Khashoggi. 

Les maisons reçues se situent à Djeddah et vaudraient jusqu’à 4 millions de dollars. “Les propriétés font partie d’un complexe partagé dans lequel Salah Khashoggi, le fils aîné, occupe la structure principale. Banquier à Djeddah, Salah est le seul des frères et soeurs qui a l’intention de continuer à vivre en Arabie saoudite, d’après les proches de la famille. Les autres résident aux États-Unis et devraient vendre leurs nouvelles propriétés saoudiennes”, précise le journal américain pour lequel Khashoggi contribuait.

Contactés par le Washington Post, trois des enfants du journaliste ont refusé de commenter l’affaire. “William Taylor, un avocat de Washington qui a représenté la famille, a également refusé de discuter de toute indemnisation que la famille aurait reçue”. Une fois le procès terminé, le montant des indemnités pourrait considérablement augmenter, “peut-être des dizaines de millions de dollars” pour les deux fils et les deux filles de Khashoggi, ajoute le journal américain qui cite des responsables saoudiens et des anciens qui ont dévoilé l’information sous couvert d’anonymat. 

De l’argent contre la retenue

Un responsable saoudien a reconnu et défendu ces indemnisations, affirmant que le pays est habitué à fournir une aide financière aux victimes de crimes violents ou en cas de catastrophes naturelles. “Un tel soutien fait partie de notre coutume et de notre culture”, a-t-il affirmé. Pourtant, d’après le Washington Post, ces paiements font plutôt partie “d’un effort de l’Arabie saoudite pour conclure un accord à long terme avec les membres de la famille Khashoggi, visant en partie à garantir qu’ils continuent à faire preuve de retenue dans leurs déclarations publiques sur le meurtre de leur père”.

Jamal Khashoggi “a été tué et démembré le 2 octobre par un commando de quinze agents saoudiens venu de Ryad dans le consulat de son pays à Istanbul, où il effectuait des démarches administratives. Son corps n’a jamais été retrouvé”, rappelle l’AFP. L’Arabie saoudite, qui ne voulait pas reconnaître ce meurtre, avait finalement cédé sous la pression nationale et internationale. Les zones d’ombre persistent mais le procès de 11 personnes suspectées s’est ouvert le 3 janvier dernier en Arabie Saoudite. La peine de mort a été requise contre cinq accusés.