ALGÉRIE
28/01/2015 11h:22 CET | Actualisé 28/01/2015 12h:45 CET

In Salah refuse la wilaya et dit "trois fois non" au gaz de schiste

Facebook/Desert Boys

“Ni wilaya, ni développement, In Salah est la cause. Je le dis même au prix de ma vie, non, non et non au gaz de schiste!”

Telle est la réponse scandée depuis hier soir, 27 janvier, par les habitants d'In Salah suite à la déclaration du Président Abdelaziz Bouteflika en conseil restreint des ministres annonçant la fin prochaine des forages-test de gaz de schiste et la création d'une wilaya déléguée pour In Salah.

Photo partagée sur le groupe Facebook "In Salah Sun & power"

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Depuis le début du mouvement anti-gaz, le 31 décembre dernier, une partie des contestataires était convaincue que le président allait "entendre" l'appel et répondre positivement au mouvement des citoyens.

"C'est grâce à nous et aux gens du Sud qu'il a pu changer la Constitution pour y ajouter un troisième mandat" disait avec une conviction, aussi forte que naïve, une des manifestantes de la "Place du Somoud".

Beaucoup de "campeurs", sans croire au rôle du Sud dans le troisième mandat de Bouteflika, parlaient aussi avec une certaine affection du Président. Cela donne une idée de la déception voire de la colère suscitée par sa "réponse", qui disent-ils, "répète la même chose que Sellal" en l'assortissant d'annonces "censées plaire ou appâter".

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Certains ont cru que le Président était le "recours" contre la hogra faite à In Salah. Ils déchantent donc et martèlent avec encore plus de force que l'arrêt immédiat des forages de gaz de schiste est la "seule et unique revendication de la contestation".

Une exigence rappelée par les manifestants qui ont défilé dans les rues de la ville hier soir, immédiatement après le discours de Bouteflika, et à nouveau ce matin, 28 janvier.

Ni wilaya, ni même une capitale

Les mêmes réactions se sont exprimées sur le groupe Facebook “In Salah Sun & Power”, véritable porte-voix du mouvement où sont postées toutes les vidéos et photos des manifestations anti-schiste, dont le nombre de posts et de commentaires a explosé après l'intervention d'Abdelaziz Bouteflika.

Les réponses à la question “Que pensez vous de ce qu'a dit le Président?” était largement de tonalités critiques voire hostiles, rejetant les aides au développement annoncés et réaffirmant qu'il est hors de question de les détourner du but principal: l'arrêt de l'exploitation du gaz de schiste.

"D'un côté, ils demandent l'austérité, appellent à serrer la ceinture et se plaignent de la crise économique, ensuite ils sortent pour nous annoncer de nouvelles wilayas déléguées, un programme qu'ils ont abandonné car il coûte trop cher. Nous ne voulons ni wilaya, ni capitale, ni rien. Notre demande est simple, en une phrase: l'arrêt du projet de gaz de schiste”, écrit ainsi un habitant de In Salah sur le groupe “In Salah sun & power”.

Quelle suite à donner au mouvement à présent qu'un moratoire ou une suspension sont définitivement exclus par les autorités? La question est actuellement débattue à In Salah par un conseil de citoyens qui rendra compte de ses décisions dans un communiqué à la fin de la rencontre.

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