ALGÉRIE
05/03/2015 12h:04 CET | Actualisé 07/03/2015 09h:18 CET

Le CPP, l'armée et In Salah: le moratoire une décision "raisonnable" mais "improbable" (VIDÉO, AUDIO)

Le "moratoire" sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste est peut-être une porte de sortie à la contestation organisée à In Salah qui prend une tournure dangereuse mais la rigidité et le délitement du pouvoir rend la "décision" encore improbable. Le Café Presse Politique (CPP) de Radio M a, sans surprise, consacré jeudi une bonne partie du temps de l'émission à la situation à In Salah.

Les décryptages étaient divergents sur l'intervention du chef de la 6ème Région Militaire le général-major Athamnia Ammar auprès de la société civile d’In Salah sur fond de violences et du communiqué en forme de "mise au point" du ministère de la défense nationale (MDN).

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Khaled Drareni relève que selon les contestataires, le chef de la 6ème RM les a entendu en tant que représentant de l'armée et a désavoué les forces de police et de la gendarmerie. L'armée prend en main le dossier du gaz de schiste à In Salah.

"Les contestataires d'In Salah ont la maîtrise de la communication et font preuve d'efficacité alors que du côté des autorités, c’est le néant en matière de communication", estime Saïd Djaafer. C'est In Salah qui a informé et la presse s'est faite le relais d'un récit où le chef de la 6ème région militaire aurait désavoué les forces de sécurité, note-t-il.

Le Ministère de la défense a tenté de "rétablir" une information donnée par les contestataires. Abed Charef rejette l'idée que l'armée se "soit interposée" entre les contestataires et les forces de sécurité. "Cela ne se passe pas comme ça", relève-t-il.

Les mauvaises décisions ont été déjà prises

Ihsane El Kadi est d'un avis différent. Le mouvement de contestation d'In Salah a toujours correctement informé jusqu'à présent et qu'il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement pour la rencontre avec le général-major Athamnia.

Pour lui, la "mise au point" du MDN a été faite pour "recadrer" le chef de la 6ème région militaire qui est "allé plus loin" qu'on lui a demandé. Le chef de la 6ème RM est en première ligne, estime-t-il, il a cherché l'apaisement. Nous sommes dans un cas de figure d'une situation qui peut très mal évoluer".

Abed Charef considère que le ministère est plus proche de la réalité que les contestataires. Il relève que dans une situation conflictuelle, il faut apprendre à "gérer les sources" et faire preuve de prudence.

Sur le fond, il observe que le fait que le chef de la 6ème région militaire soit obligé d'aller à In Salah confirme qu'il n'y a plus "d'institutions crédibles" dans le pays. Le second élément est que le haut commandement de l'armée considère désormais ce qui se passe à In Salah comme une question de sécurité nationale.

Leïla Berrato estime que les gens d’In Salah veulent être considérés comme des "interlocuteurs". "L'enjeu à la fois sécuritaire et politique est d'écouter la population"

Dire oui au moratoire ? Normalement, estime Saïd Djaafer, cela constitue une option pour un Etat qui fait face à une situation compliquée. Mais chez le pouvoir algérien tout "recul" parait dangereux et interprété comme un risque d'effondrement du système.

Abed Charef constate que le problème s'est transformé par rapport à deux mois. "Il se greffe à ce problème de gaz de schiste une situation d'absence du pouvoir...Il manque un pouvoir qui décide" même s'il prend une "mauvaise décision". Il y a une situation de délitement du pouvoir qui rend la situation dangereuse.

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Ihsane El Kadi estime que les mauvaises décisions ont été "déjà prises" par Youcef Yousfi, ministre de l'Energie, en optant pour le gaz de schiste pour faire face aux besoins grandissants du pays. Il faut donc prendre une "bonne décision" et c'est le "moratoire".

Qui peut le décider? L'APN pourrait décider d'un "moratoire" en votant une loi? Ce serait une "révolution" constate l'un des intervenants plutôt sceptique à l''égard de la capacité du parlement à aller dans ce sens.

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