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17/12/2018 10h:10 CET | Actualisé 17/12/2018 18h:19 CET

In memoriam Noël Duval (1929-2018)

Sa passion pour l’Afrique du Nord, il la développera ensuite en poursuivant des études archéologiques dans les différents sites des hautes steppes tunisiennes, et essentiellement ceux de Haïdra et Sbeïtla.

Universitat Autonoma De Barcelona

Né en 1929, Noël Duval conquiert au début des années 1950 à l’École pratique des Hautes Études (EPHE) une Maîtrise en histoire ancienne consacrée à “Thémistius et la théorie de l’Empire au IVe siècle”. D’emblée, il donnait à sa carrière le ton qui marquera son intérêt global pour l’Antiquité tardive. Sa passion pour l’Afrique du Nord, il la développera ensuite en poursuivant des études archéologiques dans les différents sites des hautes steppes tunisiennes, et essentiellement ceux de Haïdra et Sbeïtla.

Entre-temps, il était le dernier directeur général français du Service des antiquités et arts de Tunis puis enseignant à l’Université de Tunis, de Lille et à l’ENS de Ulm avant de devenir chargé de mission à l’École du Louvre. L’essentiel de sa recherche avait porté sur l’archéologie paléochrétienne mais avec déjà quelques incursions significatives dans le domaine de l’histoire religieuse, de l’art protobyzantin et de l’épigraphie latine. C’est dans ces voies que s’orientera surtout son activité après sa nomination, dans les années 1960, comme chargé de cours à l’Université de Nantes.

Noël Duval a fini son cursus honorum académique en tant que titulaire de la chaire d’archéologie paléochrétienne à l’Université Paris-IV. Il était également membre associé de la prestigieuse British Academy, et membre de plusieurs autres institutions académiques dont l’Académie pontificale d’archéologie, l’Académie des sciences et des arts de Barcelone et l’Académie serbe des sciences.

L’Antiquité tardive fut assurément un des mots-clefs de sa ligne de pensée et de conduite dans l’enseignement où il s’attacha tout spécialement à faire découvrir l’évolution de la vie municipale de la fin de l’Antiquité et la christianisation de l’espace civique des cités romaines. Ça sera aussi un de ses grands soucis en tant que Président de l’Association pour l’Antiquité tardive et dans l’exercice des multiples missions archéologiques en Jordanie et dans les différents pays des Balkans auxquelles il s’est généreusement consacré.

La pédagogie constitue aussi une de ses préoccupations majeures et toujours avec un égal bonheur. Tous ses étudiants, devenus à leur tour des professeurs d’Université, ont gardé un souvenir vivace de la qualité de son enseignement, dispensé avec dynamisme, méthode et critique, insufflant une vie extraordinaire à ce monde apparemment si lointain ; et puis, tous aussi se souviennent comme d’une expérience unique, de ses différentes missions archéologiques en Afrique du Nord.

Les inscriptions latines sont, en effet, devenues, à partir du début des années 1970, l’un de ses sujets de recherche de prédilection, pour le contact qu’elles permettent avec les gens ordinaires du passé, leur onomastique, leur vie religieuse et leurs activités économiques si rarement illustrées dans la littérature classique.

Noël Duval prit sa retraite en 1992, sans pour autant abandonner ni l’enseignement, ni la recherche. Pour contribuer à la diffusion scientifique des travaux consacrées à la fin de l’Antiquité, il avait accepté le poste de rédacteur en chef de la Revue “Antiquité Tardive”, responsabilité qu’il assuma avec régularité et zèle jusqu’au début des années 2000. Aussi, parmi ses plusieurs publications, retiendra-t-on particulièrement, à côté de ses articles de pointe, sa recherche sur les églises africaines à deux absides.

Je ne veux pas, je ne peux pas laisser partir Noël Duval sans dire d’un mot ce que nous lui devons tous. Même ceux qui ont labouré les domaines en apparence les plus éloignés de ceux qu’il a pendant un demi-siècle fécondés de son labour.

Le 12 décembre 2018, Noël Duval s’est éteint à l’âge de 88 ans. Il reste pour ses amis, ses collègues et ses disciples, toutes générations confondues, un modèle d’érudition et de dévouement enthousiaste pour la cause des études tardo-antiques.    

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