ALGÉRIE
23/05/2019 15h:06 CET | Actualisé 23/05/2019 15h:18 CET

Importation des kits CKD/SKD: le ministère de l'Industrie fixe des quotas, les concessionnaires en danger

FAROUK BATICHE via Getty Images

Le ministère de l’Industrie a fixé des quotas d’importations des kits CKD/SKD destinés aux usines de montages de véhicules en Algérie. Plusieurs concessionnaires ont cessé ce jeudi 23 mai 2019 leurs activités de production en attendant de connaître les quotas qui leur ont été octroyés par la tutelle.

Les concessionnaires ont été informés de cette mesure hier par une lettre du ministère de l’Industrie. Selon plusieurs médias, cette décision, prise unilatéralement, sans consultation, est valable pour l’année 2019, applicable sans délais avec un effet rétroactif. 

Ces quotas sont valables pour l’ensemble de l’année en cours et applicables sans délais avec un effet rétroactif. Autrement dit, les importations déjà effectuées par les concessionnaires seront ainsi déduites du quota accordé.

Le gouvernement de Noureddine Bedoui avait fait part le 08 mai dernier de décisions importantes concernant les importations de véhicules et de téléphones mobiles, dans le but de réduire le déficit de la balance de paiement et préserver les réserves de change.

Quelques jours plus tard, le ministre du Commerce, Said Djellab, a fait part de la décision du gouvernement d’autoriser à nouveau l’importation des véhicules d’occasion, dévoilant, au passage, quelques conditions. Il avait expliqué que le “paiement est du ressort de l’acquéreur qui doit régler la facture en devises. “Point important, l’argent doit être domicilié dans une banque afin d’avoir une traçabilité de l’argent qui sort du marché parallèle pour entrer dans la banque”, avait-il rajouté.

Le ministre du Commerce expliquait que le gouvernement de Bedoui et son ministère des Finances espéraient, d’un côté, avoir “une idée de la masse d’argent pouvant être retiré du marché informel” et, d’un autre côté, “apaiser la montée des prix de véhicules locaux”. L’importation de véhicules d’occasion constituait, de son avis, “un facteur externe de pression sur les concessionnaires locaux”.

Effet inverse ?

La décision du ministère de l’Industrie de fixer des quotas a créé un vent de panique chez les concessionnaires, dont certains ont cessé, ce jeudi, leurs activités de production.

Contrairement aux calculs du gouvernement, le concessionnaire Sovac table plutôt sur une hausse des prix des véhicules sur le marché algérien.

Selon des sources internes au groupe, qui s’attendent à des pertes financières importantes et des suppressions de postes, des quotas serrés provoqueront une pénurie et, de ce fait, une flambée des prix.

Durant le premier trimestre 2019, le pays a importé 920,86 millions dollars de ces kits, en hausse de 21,41% par rapport à la même période en 2018.

L’année dernière, ces importations avaient atteint 3,73 milliards de dollars contre 2,2 milliards de dollars en 2017, soit une très forte hausse annuelle de +70%. Des médias rajoutent que le ministère de l’Industrie entend limiter les quotas à 2 milliards de dollars pour 2019.