TUNISIE
25/12/2018 13h:25 CET

Immolation d'Abdelrazak Zergui: L'édito plein d'à-propos de Soufiane Ben Farhat (VIDÉO)

"Alors que le Tunisien peine à assurer ses besoins les plus vitaux, nous continuons à débattre de politique, de partis ... Nos politiciens sont tous obnubilés par la course au pouvoir"

L’heure est grave, selon le journaliste et écrivain tunisien Soufiane Ben Farhat.

Dans son édito sur la chaîne de télévision Al-Janoubiya, il revient sur le suicide par immolation du jeune journaliste tunisien à Kasserine, Abdelrazak Zergui.

“Les jeunes vont se transformer en torches vivantes” a dit Ben Farhat.

L’acte douloureux commis par le jeune Zergui, qui a été précédé par une vidéo dans laquelle celui-ci annonce son imminent suicide et appelle à la révolte, témoigne selon Ben Farhat d’un désespoir absolu des jeunes partout en Tunisie.

“Le peuple va dans un sens, et la classe politique dans un autre, opposé” ajoute Ben Farhat.

“Je dis à Youssef Chahed, Béji Caid Essebsi, Hafedh Caid Essebsi, Mohsen Marzouk, Hamma Hammami, à tout le monde, que ce qui est arrivé à ce jeune représente une honte pour nous tous. Alors que le Tunisien peine à assurer ses besoins les plus vitaux, nous continuons à débattre de politique et de partis” a-t-il ajouté.

Promesses non tenues, stigmatisation, misère et marginalisation des régions, sont les résultats de la révolution selon le journaliste.

Il a par ailleurs dénoncé l’endettement de l’État qui ne cesse d’augmenter, avec en parallèle, une propagation sans précédent de la pauvreté, qui touche toutes les régions du pays, sans exception.

“Les politiciens ne voient pas tout ça, ils ne voient pas la douleur de ce jeune et du peuple, ils sont obnubilés par la course au pouvoir” ajoute Ben Farhat.

“Ce jeune nous représente tous, il nous est intimement lié. Une partie de nous tous est partie aujourd’hui. J’espère que nos politiciens se rattraperont avant que la Tunisie ne s’effondre et qu’il ne soit trop tard” a-t-il conclu son édito.

Le suicide de Abdelrazak Zergui a déclenché, lundi soir, des scènes de tensions à la Cité Ennour, à Kasserine.

Un grand nombre de jeunes se sont rassemblés au centre du quartier, brûlant des pneus, avant d’être dispersés par les forces de sécurité.

il s’était immolé par le feu lundi après-midi sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de Kasserine, avant d’être transféré à l’hôpital régional de Kasserine où il a succombé à ses brûlures.

“Aujourd’hui, je fais faire seul une révolution (...) je vais m’immoler et si cela permet à un chômeur de trouver du travail, tant mieux. (...) Dans 20 minutes, je vais m’immoler, peut-être qu’après ça l’Etat, s’occupera un peu de Kasserine. Ici, les gens meurent de faim, n’ont rien à se mettre sous la dent (...) Ne sommes nous pas des être humains? Ne sommes nous pas comme vous?” a-t-il déclaré dans la vidéo publiée un peu avant son passage à l’acte.

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