MAROC
25/12/2018 10h:54 CET | Actualisé 25/12/2018 11h:06 CET

Imlil: Le BCIJ dresse le profil des principaux suspects

Malgré la vidéo d’allégeance, les quatre principaux suspects n’avaient eu aucun contact direct avec les membres de Daech, indique le patron de chef de l’antiterrosrime.

Huffpost MG

IMLIL - Dans un entretien accordé à l’agence de presse française (AFP), Abdelhak Khiam, directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), a donné des détails concernant le profil des quatre principaux suspects arrêtés pour le meurtre de Maren Ueland et Louisa Vesterager Jespersen

Parmi eux, Abdessamad Ejjoud, âgé de 25 ans et marchant ambulant, serait l’émir de la cellule terroriste. C’est lui qui serait l’orateur dans la vidéo tournée une semaine avant le meurtre, où les quatre suspects prêtent allégeance à Daech. 

“Il a déjà purgé une peine car il voulait rejoindre les foyers de tension (Syrie ou Irak, ndlr) en 2014”, précise Abdelhak Khiam. À sa sortie de prison après une réduction de peine, le “chef” “a constitué une sorte de cellule qui discutait de la façon de mener une action terroriste à l’intérieur du royaume”, poursuit-il. Ce 24 décembre, le ministre de l’intérieur annonçait l’interpellation de 17 personnes en lien avec de drame, mais cette “cellule démantelée comprenait 18 membres”, souligne Abdelhak Khiam. Tous appréhendés, trois parmi eux ont “des antécédents judiciaires dans des affaires liées au terrorisme”.

Pas de contact direct avec les membres de Daech

Malgré la vidéo d’allégeance, les quatre principaux suspects n’avaient eu aucun contact direct avec les membres de Daech, ni en Syrie, ni en Irak, ni en Libye, a souligné le chef du BCIJ. “Nous avons affaire à une idéologie véhiculée par les organisations terroristes. Les moyens technologiques aident à diffuser cette idéologie et n’importe qui sous l’influence de cette idéologie peut passer à l’acte”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.

Dans cet entretien accordé à l’AFP, Abdelhak Khiam revient sur la précarité d’Abdessamad Ejjoud (marchand ambulant), Abderrahim Khayali, (plombier,) Younes Ouaziyad, (menuisier) et Rachid Afatti (marchand ambulant), pour expliquer “ce crédo jihadiste”. “Les origines de cet extrémisme doivent être combattues, à savoir la précarité, l’analphabétisme et l’ignorance”, plaide le patron du BCIJ. 

L’action n’était pas préparée

Les quatre principaux suspects, n’avaient également pas préparé leur action. “Ils s’étaient mis d’accord sous l’influence de leur émir pour mener une action terroriste à l’intérieur du royaume visant ou les services de sécurité ou des touristes étrangers”, confie M. Khiam. Leur choix s’est alors porté sur la région d’Imlil, connue pour sa fréquentation touristique. “Deux jours après leur arrivée, ils ont vu les deux touristes installées dans une zone isolée et ils ‘se sont mis d’accord pour passer à l’acte’”, rapporte le chef de l’antiterrosrime à l’AFP, précisant que les auteurs présumés “n’avaient pas préparé leur action (...).”