LES BLOGS
22/03/2019 08h:53 CET | Actualisé 22/03/2019 08h:53 CET

Imazighen

Ramzi Boudina / Reuters

S’il est un cri de ralliement, ce sera celui-là.  

Que nous soyons de Tamanraset, Kheratta, Ténès, Tlemcen ou Annaba. Que nous habitions Hydra, Bab El Oued ou Kouba.  Que nous vivions à Montréal, Paris, Madrid, New York, Tunis ou Casablanca. Que nous ayons grandi à Lille, Saint Etienne, Marseille ou Montpelier.  Que nous  soyons des harragas en quête de papiers. Vous ne nous obligerez plus aux exils intérieurs ou forcés. Ce pays est le nôtre. Vous paierez nos destins brisés et nos noyés.

Que nous soyons architectes ou maçon, artiste ou artisan, soldat ou policier. Imazighen.

Que nous soyons de droite ou de gauche, fédéralistes ou nationalistes, communistes ou islamistes.  Imazighen.

Que nous soyons Tunisiens ou Marocains, ce combat est le nôtre. Imazighen.

Sous le soleil ou sous la pluie. Imazighen.

Vous pouvez manœuvrer autant que vous voudrez. Utiliser vos médias et vos télés. Croire que vos vieux diplomates nous impressionnent. Gagner du temps. Brandir la sempiternelle théorie de la main de l’étranger. Secouer l’épouvantail de la menace islamiste. Nous envoyer des missives attribuées à un absent dont on ne sait s’il est encore conscient. Nous traiter comme des enfants incapables de prendre en main la transition qui s’annonce.

Vous n’avez pas idée de ce dont nous sommes capables. Ou peut-être le savez-vous que trop bien et tremblez de nous voir enfin maîtres de notre destin. Cette terre est la nôtre. Nous faisons partie de cette tribu de femmes et d’hommes libres et n’avons de croyance et de religion que celle de l’Amour.