MAROC
12/03/2019 12h:37 CET

Depuis le début de l'année, 735 faux guides ont été arrêtés à Marrakech

"Il y aura toujours des faux guides si on ne traite pas le problème à sa racine".

Gavin Hellier via Getty Images

TOURISME - Depuis le début de l’année 2019, 735 faux guides ont été arrêtés à Marrakech, rapporte l’agence de presse espagnole EFE qui cite une source de sécurité. “Tous les détenus, dont certains récidivistes, seront jugés pour avoir usurpé une profession réglementée par la loi”, ajoute l’agence de presse.

Pour Jamal Saadi, membre de l’Association provinciale des guides touristiques de Marrakech et ex-président de la Fédération nationale des guides touristiques, ces arrestations ne suffisent pas même s’il soutient les efforts de la police “qui fait du très bon travail avec les moyens qu’elle a”.

“La loi condamne l’usurpation de la profession mais le procureur ne l’applique pas parce que pour lui, c’est un problème social. Les personnes interpellées vont en garde à vue symboliquement et sont relâchées. La police peut arrêter des milliers de faux guides mais si la loi n’est pas appliquée, ça ne résoudra pas le problème”, explique-t-il à notre rédaction.

Durant les 6 premiers mois de 2018, la Brigade touristique de Marrakech avaient arrêté 1.817 personnes pour usurpation d’identité de guides touristiques. Le phénomène ne s’est pas pour autant calmé. Et parmi ces faux guides, on trouve depuis peu des enfants âgés de 10-12 ans qui, étant mineurs, ne peuvent pas être interpelés, confie à notre rédaction Jamal Saadi.

Jamal Saadi revient aussi sur le concours, porté par le ministère du Tourisme, qui permet aux faux guides de régulariser leur situation. Pour se faire officialiser, plus besoin d’un diplôme ou même “de savoir lire ou écrire”. Seule l’expérience du terrain suffit désormais, amenant, avec elle, la concurrence déloyale. Des centaines de guides officiels avaient manifesté dans les rues du Maroc pour dénoncer cette mesure.

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Jamal Saadi au salon du tourisme de Berlin 2019.

“On ne peut pas arrêter le phénomène tant qu’on ne traite pas le problème à la racine: l’abandon de l’école et les pseudo-pauvres. Les solutions à apporter seraient l’école obligatoire et un meilleur suivi des formations en continue. Le service militaire, aussi, peut être une bonne réponse à ces situations. Il faut, également, que les bazaristes arrêtent de donner des commissions exorbitantes. S’il y a l’appât du gain, il y aura toujours des faux guides”, ajoute l’ancien président.

Pour lui, il faudrait également créer une structure générale qui regrouperait les professionnels du tourisme. Parce que le phénomène des faux guides a gagné du terrain: il s’est aujourd’hui élargi aux agences de voyages, avec de fausses agences qui se multiplient dans la ville ocre.