11/02/2019 18h:24 CET | Actualisé 11/02/2019 18h:24 CET

En 2018, le nombre de grévistes a augmenté de 71% (RAPPORT)

Le nombre de grèves est en revanche en baisse.

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RAPPORT - Des grévistes plus nombreux et des grèves en baisse. C’est ce que relève un rapport dressé par le ministère du Travail et de l’Insertion professionnelle, publié ce lundi 11 février. Le rapport indique que le nombre de grévistes en 2018 a atteint 22.196, contre 12.977 en 2017, soit une augmentation de 71%. Tendance inverse pour les grèves dont le nombre a, lui, connu une baisse de 12,9%: 134 en 2018 contre 154 en 2017.  

Le département de Mohamed Yatim signale que ces grèves ont été tenues dans les secteurs de l’industrie, du commerce, des services et de l’agriculture et ont concerné 119 organismes. Sur un total de 33.444 salariés, précise le rapport, 66,36% ont participé aux grèves, ce qui se chiffre à 116.851,5 “jours de travail perdus” en 2018. Un taux qui est en baisse de 34,4% par rapport à l’an précédent, qui a enregistré 178.289,25 jours.  

Le secteur productif le plus touché est celui des services qui a enregistré 51 grèves au sein de 42 organismes, soit 38% du total. Le secteur industriel et agricole arrivent ensuite avec respectivement 32 et 25 arrêts de travail. Quant au secteur du BTP (bâtiment et travaux publics) et du commerce, ils ont enregistré 14 et 12 grèves, selon ce rapport.

Aux origines de ces grèves

Le document précise que les raisons les plus fréquentes sont liées au retard ou non paiement des salaires dans 24,5% des cas, soit au nombre de 66 salariés. L’atteinte au droit à la protection sociale arrive en seconde position pour 37 cas, soit 13,7% Le non respect du temps de travail et le licenciement figurent en troisième et quatrième position avec respectivement 28 et 27 cas, soit 10,4% et 10%.

Quant aux syndicats initiateurs des grèves, le rapport affirme que c’est la Confédération démocratique du travail (CDT) qui est en tête avec 34 grèves (25,3%). En seconde position arrivent les grévistes sans appartenance avec 31 arrêts de travail (23%). L’Union marocaine du travail (UMT) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), elles, ont été derrière respectivement de 28 et 15 grèves.      

En ce qui concerne la répartition de ces grèves, la majorité a eu lieu tout logiquement dans la capitale économique, Casablanca-Settat, qui totalise 26 arrêts de travail, soit 19,4%. La région de Rabat-Salé-Kénitra est en seconde position avec 25 grèves, soit 18,6%, suivie par celle de Souss-Massa qui a enregistré 19 arrêts de travail, ce qui équivaut à 14%. En dernière position, la région de Tanger-Tétouan-El Hoceïma a connu 13 grèves, soit 9,7%, d’après le rapport. 

Par ailleurs, ce document fait aussi constater que durant 2018, 1.644 grèves ont pu être évitées dans 1.055 établissements, contre 1.784 dans 1.175 organismes en 2017. Et de souligner que cela a permis de gagner 128.841 jours. Et dans la répartition de ces grèves évitées, c’est la région de Rabat-Salé-Kénitra qui est en tête de liste avec 403 arrêts de travail, soit 24,5%. Elle est suivie de près par Casablanca-Settat où 377 grèves (22,9%) ont été évitées. A Fès-Meknès et Tanger-Tétouan-El Hoceïma, le rapport souligne que les arrêts de travail qui n’ont pas été observés sont au nombre, respectivement, de 249 et 163 (15% et 9,9%).