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28/11/2015 03h:58 CET | Actualisé 20/12/2015 15h:53 CET

Il y a 523 ans : le dernier combattant à Grenade avant la capitulation

Il disait sa colère à l'émir nasride Boabdil (Abou Abdallah) et à ses courtisans qui ont accepté de signer le traité de capitulation dans l'amertume et les larmes. Il les tançait vertement : « Ne vous leurrez pas, ne croyez pas que les francs vont respecter leurs engagements. Ne comptez pas sur la parole d'honneur de leur roi. La mort n'est pas le pire à craindre. C'est l'humiliation et la déchéance qui arrivent. Par Dieu, je ne les verrais pas ! ».

Dans Gharnata (Grenade) occupée par les forces de Ferdinand et d'Isabella, il ne voulait pas vivre les affres de la défaite, voir les mosquées souillées, les femmes asservies. Il disait sa colère à l'émir nasride Boabdil (Abou Abdallah) et à ses courtisans qui ont accepté de signer le traité de capitulation dans l'amertume et les larmes.

Il les tançait vertement : « Ne vous leurrez pas, ne croyez pas que les francs vont respecter leurs engagements. Ne comptez pas sur la parole d'honneur de leur roi. La mort n'est pas le pire à craindre. C'est l'humiliation et la déchéance qui arrivent. Par Dieu, je ne les verrais pas ! ».

Celui qui a lancé ces paroles dans un moment crucial était le chevalier Moussa Ben Abbi Al-Ghassan, le "dernier combattant" ou la "dernière épée" dans l'Andalousie musulmane. Il gardera ce nom de dernier combattant car il avait refusé la capitulation.

Après avoir dit ces mots, il quitta le Palais, enfila sa tenue militaire et partit, seul, combattre une section de l'armée espagnole dans la banlieue de Grenade.

On le vit sortir par une porte, Bab Essultan, que personne ne franchit plus après lui. Elle fut scellée définitivement après son passage. Il mourut en combattant et ne vit pas ce qu'il craignait encore "plus que la mort."

Selon les récits, l'homme gravement blessé choisit de se laisser tomber dans un ravin pour ne pas être capturé vivant. Il mourut comme il l'a voulu, en combattant. L'histoire et la fin de Moussa Ben Abbi Al-Ghassan a fasciné les espagnols et suscita l'intérêt de l'écrivain américain Washington Irving. Mais elle reste méconnue dans le monde musulman.

La signature du traité de capitulation de Grenade a eu lieu le 25 novembre 1491. Il y a 523 ans.

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